Les nouvelles de mon pays la RDC ne sont jamais bonnes. À la radio, si ce ne sont pas les massacres qu’on rapporte, ce sont alors les viols, les incendies de cases et les fosses communes ; si ce n’est pas le choléra, c’est la peste ou la grippe aviaire. Le pays est presque abonné à ces choses. Le virus d’ebola ne fait que compléter la liste.

Bien sûr, la Côte d’Ivoire est abonnée à ses mutineries, le Sahel à ses djihadistes et le Congo à son ebola. Ainsi va l’Afrique. Je suis sûr que cette réapparition du virus ebola au Congo fait déjà trembler la Guinée, la Sierra-Léone et le Libéria. Ces pays connaissent ce que ebola veut dire.

RDC réservoir d’ebola ?

Chaque fois que le gouvernement congolais nous dit que ebola est définitivement éradiqué, c’est alors que le virus refait surface, comme pour prouver qu’il est toujours-là. C’est la huitième fois qu’ebola nous défie au Congo. Quand on le traque ici, il apparaît là-bas ; quand on pense l’avoir vaincu dans la province de l’Équateur, il refait surface en Province Orientale. Aujourd’hui, c’est dans la nouvelle province du Bas-Uele qu’il fait des ravages. On compte déjà 48 cas enregistrés dont quatre décès. Des morts de plus ! Plusieurs autres autres personnes sont mises en quarantaine pour avoir eu des contacts corporels avec les malades. En 2014, ebola avait officiellement causé la mort de 49 personnes.

À mon avis, il y a un véritable problème de gestion de santé publique en RDC. Le système sanitaire n’est pas efficace : en cas d’épidémie, on prend juste quelques mesures sporadiques, souvent cosmétiques, et c’est tout. Je pense que depuis son apparition au Congo en 1976, ebola n’a peut-être jamais été éradiqué dans le pays. On a juste enterré ses victimes et laissé le virus en vie dans nos forêts. Beaucoup de pays ont des forêts, mais pourquoi ils n’ont pas d’ebola ? C’est là le problème. Le système sanitaire congolais laisse à désirer. Voilà pourquoi ebola semble faire du Congo son bastion. Cette situation nuit à l’image du pays.

Il a menti celui qui a dit que le sport unit les peuples. Aujourd’hui, les stades de football en Europe se présentent comme les arènes de racisme. Ils rivalisent d’insultes contre les joueurs de couleur. Et cela, en direct à la télévision. Au lieu de 90 minutes de plaisir de voir le jeu, ce sont plutôt 90 minutes de cris racistes qui restent toujours impunis.

Ce qui est arrivé au joueur ghanéen Sulley Muntari le 30 avril dernier lors du match Pescara-Cagliari en Italie est inacceptable. Le Ghanéen excédé par des cris racistes lancés contre lui par les supporters de l’équipe de Cagliari, a cherché en vain la protection de l’arbitre du match. Voilà qu’en plus de cris de « singe ! Singe ! » qui venaient des gradins, l’arbitre inflige un carton jaune au joueur pour avoir osé protester. Puis un deuxième carton lorsque Sulley Muntari, excédé par ces insultes racistes, a quitté le terrain de lui-même.

Quitter le terrain pour se protéger, n’importe qui placé dans les mêmes conditions ferait logiquement la même chose que Muntari. Et pour assommer le Ghanéen, la Ligue italienne de football n’a pas trouvé d’autres solutions que de lui faire écoper d’une suspension de match. Les supporters racistes de Cagliari, quant à eux, restent impunis ! Quelle injustice !

En février 2017, des scènes racistes similaires avaient eu lieu dans le championnat de Serbie de football. À l’époque, victime lui aussi des insultes racistes en plein match, le joueur brésilien Everton Luiz avait aussi quitté le terrain en pleurant.

Le Mundial 2018 aura lieu en Russie, pourtant  ce pays connaît un regain sans précédent d’insultes racistes. La Fédération internationale de football doit renforcer les sanctions pour décourager le racisme dans les stades. Ce n’est qu’à ce moment-là que le sport unira les races et les peuples.

 

 

 

Jamais  une élection présidentielle en France n’avait autant tenu les cœurs des Africains en suspens. L’Afrique noire redoutait l’arrivée d’une Le Pen raciste et xénophobe à l’Élysée. Heureusement, la majorité des Français a prouvé son attachement aux valeurs universelles de l’humanité.

Le suspense était trop long ce dimanche du deuxième tour de la présidentielle en France. Des millions d’étrangers qui vivent dans ce grand pays ont croisé les doigts toute la journée. Chrétiens et musulmans ont même prié pour que Marine Le Pen « aille en enfer ». Il semble que Dieu ait exhaussé la prière.

Notre souhait était que cet énième échec puisse la pousser à faire ses adieux à la politique. Hélas, voilà qu’elle promet de transformer son parti le Front national et de continuer la lutte. À mon avis, ce qu’il faut faire c’est d’interdire carrément ce parti fasciste en France.

Ni Le Pen ni Macron ne sauveront l’Afrique

Même si l’élection d’Emmanuel Macron a été applaudie en Afrique, les Africains doivent savoir que le salut de l’Afrique ne viendra pas de la France. Nous devons compter sur nous-mêmes. Il appartient à nos dirigeants de mettre en place une gouvernance à même de pousser les jeunes à trouver des emplois dignes dans nos pays. L’émigration des Africains est causée par les guerres, les dictatures, la pauvreté, le chômage, etc. Si nos dirigeants arrivent à trouver une solution à ces problèmes susmentionnés, très peu d’Africains auront envie d’aller vivre à l’étranger.

La montée fulgurante du FN

La progression du Front national inquiète de plus en plus. N’eût été le vote-barrage en faveur de Macron,  Marine Le Pen aurait succédé à François Hollande. Au vu des résultats de deux tours de cette présidentielle, il est clair que les Français sont en train de faire petit à petit un virage vers l’extrême droite. À ce rythme, tôt ou tard, le FN dirigera un jour la France. 35% de suffrages à une élection présidentielle pour un parti d’extrême droite ce n’est pas bon signe.  Bien sûr  Macron est élu, mais il ne doit en réalité cette victoire qu’à sa position en faveur du maintien de la France dans l’Union européenne. N’eût été cela, il aurait été battu par Le Pen.

Les morts du Kasaï en RDC sont-ils différents d’autres morts pour qu’on les enterre sans tombes ? Quarante fosses communes et 1 million de déplacés au centre du Congo. Si ce n’est pas une tragédie à huis clos, dites-moi comment vous appelleriez cela.

La guerre que mènent les forces armées de la RDC contre les miliciens de feu le chef traditionnel Kamwina Nsapu fait de l’espace grand Kasaï une région martyre en RDC. C’est une sorte de guerre d’usure qui n’épargne ni femmes ni enfants. Au vu de la tragédie, on n’aurait pas tort de parler de complot contre le grand Kasaï. Comment se taire devant un tel déchaînement de violences ? Miliciens et forces de sécurité sont tous coupables.

De massacres aux fosses communes

Au départ, le gouvernement disait qu’il n’y avait pas de massacre au Kasaï. Il a même qualifié de montage ridicule les vidéos qui circulaient sur les réseaux sociaux et qui montraient les tueries dans la province du Kasaï-Central. Finalement, le même gouvernement a accepté la thèse du massacre. Et le feuilleton continuait : négation des faits d’abord, reconnaissance ensuite.

Plusieurs sources commençaient à évoquer l’existence des fosses communes dans cette guerre du Kasaï. Encore une fois, le gouvernement n’a pas hésité à démentir. Chez nous, quand il y a une information et que le gouvernement la dément, c’est une preuve que l’information est vraie. L’existence de charniers a finalement été confirmée. On a parlé d’abord de sept charniers, puis de dix, puis de vingt-trois… Aujourd’hui, il a été confirmé quarante charniers ! Le monde est au courant et regarde cela comme un film à la télévision.

Quarante charniers ! Représentez-vous combien de morts un seul charnier peut contenir, multipliez alors par quarante ! Et puis, n’oubliez pas que c’est un bilan provisoire. À cela s’ajoutent 1 million de déplacés internes dont environ six cent mille enfants. S’il vous plaît, arrêtez cette tragédie.

Pitié pour nos morts

Comme vous aimez tuer mes frères et sœurs, alors tuez-les au moins poliment s’il vous plaît. Ayez aussi un cœur pour nous remettre leurs corps afin que nous fassions leurs deuils et que nous leur trouvions une sépulture digne. Les morts, on les enterre le jour, mais vous, vous enterrez vos victimes la nuit en secret, ce qui prouve votre culpabilité. Vous tuez sans faire aucune distinction entre les civils et les rebelles. Allez-y, tuez et exterminez ! Tôt ou tard vous répondrez de vos actes.

Les Congolais ont été surpris d’apprendre le limogeage de celui qui était le tout puissant chef de la police de Kinshasa : le général Célestin Kanyama. Il laisse derrière lui un triste bilan de sa gestion des manifestations publiques par la police nationale.

Désormais, la police de Kinshasa est commandée par Elvis Palanga Nawej. Pourtant, il y a juste quelques jours, nul ne pouvait imaginer le général Kanyama être mis si tôt au rancart, et de la plus mauvaise des manières : le limogeage. Ce général originaire du Kasaï était pourtant parmi les plus fidèles à Joseph Kabila. C’est a lui qui, par une répression sanglante, a étouffé toutes les émeutes anti Kabila ces dernières années dans la capitale Kinshasa. Il était surnommé « esprit de mort ».

Les œuvres du général Kanyama

À Kinshasa, le nom même du général Kanyama est synonyme de terreur. En 2014, l’homme s’est illustré par l’opération policière dénommée likofi (coup de poing) contre les Kuluna (bandes de jeunes malfaiteurs des quartiers de Kinshasa). Human right watch avait alors dénombré une cinquantaine de cas d’exécutions sommaires attribuées à la police dans cette opération.

La répression des émeutes de janvier 2015 et des manifestations de l’opposition de septembre et décembre 2016 sont à mettre à l’actif de Célestin Kanyama. Toutes  ces manifestations ont fait une centaine de morts par balles. Voilà pourquoi l’homme a fait l’objet des sanctions ciblées de la part des États-Unis.

Que va devenir le général Kanyama ?

Question difficile. Au moins sa mise à l’écart par le régime pose certainement des interrogations : le général a-t-il perdu la confiance de Kabila ? A-t-il trahi ? Sa mission est-elle terminée ?  Ou est-ce un joueur mis en réserve pour de futures grandes compétitions ? Seul le président Kabila connaît la réponse.

 

 

 

L’Union africaine compte 55 États membres et deux races : les Noirs et  les Blancs. Les Noirs c’est nous, les Blancs ce sont les Maghrébins et les Égyptiens. Certes, ils ne sont pas blancs comme les Européens, mais par rapport à la race noire, nous les appelons Blancs.

En Afrique, tout ce qui est peau claire est blanc et tout ce qui est noir est africain. Une chose est vraie, Dieu a créé les races, mais pas le racisme. C’est l’homme qui a créé le racisme.

Le racisme africain

Je pensais que le racisme n’existait que sur d’autres continents, or il y a aussi le racisme en Afrique. Pas au niveau des chefs d’États et des personnalités, mais plutôt au niveau des populations, dans les quartiers, dans la rue, au marché, à l’Université. Mes frères et sœurs africains blancs n’aiment pas ma race dans leurs pays.

Pourtant, àl’Union africaine, il n’y a pas de racisme. Les chefs d’États africains blancs, noirs ou peaux claires cohabitent ensemble à leurs sommets à Addis-Abbeba. Ils se serrent la main, s’embrassent et s’appellent frères.  Pas de ségrégation raciale.

Quand un chef d’État noir visite son homologue africain blanc dans son pays, on lui déroule le tapis rouge au palais présidentiel. Et on a tous l’impression que Blancs et Noirs vivent ensemble en Afrique. Pourtant, c’est la façade, car au même moment, dans ce même pays des Blancs, les Noirs lambda immigrés sont maltraités.

Difficile de sortir dans la rue lorsqu’on est Noir

Pendant que le roi du Maroc chante le panafricanisme pour revenir au sein de l’Union africaine, on sait que les Africains de race noire ne sont pas les bienvenus au Maroc. Alors que je marchais un jour dans les rues de Tunis, pensant être chez-moi en Afrique, on m’insulte, on m’appelle singe. Je me suis demandé pourquoi mes frères n’aiment pas ma race.

Un proverbe congolais dit : À quoi sert-il d’être ami au grand arbre pendant que tu coupes les enfants de l’arbre  ? À quoi bon d’être ami aux chefs d’États noirs, pendant que les Noirs n’ont pas droit de cité chez-vous ?

Kadhafi chantait le panafricanisme et les États-Unis d’Afrique, alors que les Africains noirs étaient victimes de racisme en Lybie.Certains Noirs étaient enfermés dans des cages de zooà Misrata.  Mais quand mon frère blanc était malade et qu’il fallait une transfusion sanguine, c’est mon sang de Noir qu’on lui a injecté et qui l’a sauvé.

Celui qui a créé les races, les a créées égales, belles et il les aime toutes. Dans son jardin, les races sont comme des fleurs de différentes couleurs qui cohabitent pacifiquement. Stop au racisme.

La récente prise de position des Nations-unies et de l’Union africaine sur la crise burundaise étonne plus d’un observateur. Ces deux organisations ont décidé de renouveler leur confiance au médiateur Benjamin Mkapa. Pourtant, l’ancien président tanzanien est désavoué par l’opposition burundaise.

En imposant le médiateur par la force, l’ONU et l’Union africaine enveniment inutilement la situation. Conséquences : le dialogue inter burundais risque de s’enliser et s’éterniser. L’ONU et l’UA deviennent elles-mêmes partie prenante à cette crise burundaise qu’elles sont pourtant censées résoudre. De telles erreurs sont impardonnables.

A quoi bon imposer un médiateur qui a des couleurs ?

Le Tanzanien Benjamin Mkapa s’est discrédité lui-même en affichant clairement des positions pro Nkurunziza. L’année dernière, il avait déclaré: « Le Conseil de sécurité reconnaît Pierre Nkurunziza comme président du Burundi [..], Quelle est cette folie de perdre tant de temps à discuter de ce sujet clos ? » Qu’un médiateur puisse tenir de tels propos était trop à avaler. Du coup, l’opposition avait logiquement raison de prendre ses distances vis-à-vis d’un médiateur partisan d’un seul camp. L’ONU et l’UA auraient dû simplement nommer une personne beaucoup plus neutre pour continuer la médiation.

La crise burundaise est l’une des plus graves d’Afrique sub-saharienne. Les Nations-unies et l’Union africaine ne devraient pas se permettre de la traiter avec légèreté et complaisance.  Cette crise a causé beaucoup de souffrances et de morts au peuple burundais. Trop d’assassinats ciblés, de réfugiés et d’exilés. L’ONU devait en tenir compte. Une crise créée délibérément par la volonté d’un seul homme – Pierre Nkurunziza – qui voulait son troisième mandat.

L’ONU et l ‘UA répètent les mêmes erreurs partout

Les Nations Unies et l’Union africaine font souvent une mauvaise lecture des situations de crise en Afrique. Les réponses qu’elles donnent sont aussi inefficaces qu’inappropriées. En RDC par exemple, alors que le médiateur togolais du dialogue inter congolais était désavoué tambour battant et par l’opposition et par la population, l’ONU et l’UA l’ont soutenu jusqu’au bout.

Ce médiateur – Edem Kodjo – s’est lui aussi illustré par des positions trop pro Kabila. A la fin, il a produit un accord politique qui n’a fait qu’attiser les tensions dans le pays. C’est apparemment ce que l’ONU et l’Union africaine veulent également faire au Burundi. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les mêmes erreurs de l’ONU au Burundi perpétueront la même crise.

Un médiateur doit être neutre pour mettre d’accord deux ou plusieurs parties opposées. Benjamin Mkapa s’est disqualifié.

 

 

 

 

 

 Sassou Nguesso ph Marco Longari/AFP

En Afrique, même si on est contesté on s’en fout et on va de l’avant. La contestation populaire n’est rien quand l’armée obéit.

Denis Sassou Nguesso a démarré son 3e mandat samedi 16 avril à Brazzaville. Il a prêté serment sur le sang des victimes de sa répression et des bombardements dans la région du Pool. Ses opposants n’ont eu que leurs yeux pour constater l’entêtement et le cynisme.

Dans son serment, le président congolais mal réélu a même le courage de promettre qu’il va respecter la Constitution. Une Constitution qu’il a lui-même déjà violée plusieurs fois et taillée à sa stature. Ils sont audacieux, ces Chefs d’États africains.

La Constitution du Congo Brazzaville souffre des fistules de viols. Á mon avis, Sassou aurait dû avoir honte d’être le seul Congolais qui ne fait que prêter serment pour une même fonction tout le temps. 32 ans au pouvoir. J’ai aussi remarqué que les invités à cette cérémonie, certains étaient des dirigeants peu recommandables. En d’autres termes, la mauvaise compagnie. Qui se ressemble s’assemble !

Si ce n’est pas une association de malfaiteurs, alors donnez-y un autre nom. Je me demande comment on peut être raisonnable et soutenir une telle entreprise de Sassou Nguesso.

Cette prestation de serment n’est qu’une insulte et une provocation aux morts tombés sous les balles du régime en réclamant l’alternance. Or, quand vous provoquez les morts, soyez forts pour les affronter.

En dehors des guerres et répression politique, l’autre spécialité de la RDC c’est le détournement des deniers publics. C’est tout un sport chez-nous. La fonction publique congolaise héberge des réseaux mafieux de fraudes organisées à tous les niveaux.

Un jour, au cours d’une émission de débat politique consacrée au détournement des deniers publics  en RDC, sur la radio Okapi, un éminent économiste congolais Michel Nsomwe défiait tout le Gouvernement congolais disant :  » Quel ministre peut oser lever son doigt en l’air et dire  » je n’ai jamais détourné l’argent de l’État ?  » Fin de citation.

Jusqu’à présent, personne parmi les ministres n’a relevé ce défi.

Chez-nous, la corruption, la concussion, la fraude et les malversations sont entrées dans les mœurs. Si on prend l’exemple sur mille, peut-être 999 en sont coupables. Le trésor public congolais est saigné à blanc.

Représentez-vous dans l’administration publique, un chef de division dont tout le salaire mensuel c’est plus ou moins 80 mille francs congolais (équivalent de 85 dollars US). Mais ce chef de division roule dans une jeep de 12 mille dollars et habite une maison privée de 25 mille dollars.

Un jour, parlant des détournement des deniers publics, Dominique Sakombi Inongo ancien ministre de communication de Mobutu, déclare :  » Quand le Président Mobutu avait besoin de l’argent, il appelait le ministre des finances disant: apporte-moi 1 million; à son tour le ministre des finances appelle le Gouverneur de la Banque centrale et lui dit:  » le Président a besoin de 2 millions  », le Gouverneur de la Banque à son tour sort 3 millions. Donc le Président demande un million, ce sont 3 millions qui sortent du trésor public !  » Fin de citation.

Cette culture de biens et argent mal acquis s’est transmise de génération en génération au Congo. Si bien qu’aujourd’hui, quand quelqu’un est nommé ou élu à un poste, il se réjouit disant :  » c’est mon tour  ». Par là il sous entend que c’est son tour de voler.

Plus grave, chez-nous, plus tu voles l’argent de l’État, plus tu augmentes en grade ! Cela a eu lieu plusieurs fois chez-nous. A titre d’exemple, à Mbujimayi dans la province du Kasaï-Oriental, un Comptable public réputé pour ses détournements confirmés des salaires des enseignants et des professionnels de la santé,  alors que ses victimes ainsi que le parlement local attendaient qu’il soit traduit en justice, quelle n’était pas la surprise de constater que la hiérarchie du Comptable l’a nommé à des fonctions encore plus élevées.

Dans la 2e moitié de l’année 2015, un contrôle initié par le ministère du budget sur la gestion des finances publiques dans seulement 3 services de l’État a révélé les détournements de 11 millions de dollars tous les 3 mois dans la seule ville de Kinshasa. Imaginez quelle pourrait- être la proportion si le calcul est porté sur les 26 provinces que compte le pays !

Un agent du ministère du budget qui a recquis l’anonymat, déclare que  » le détournement se passe à tous les niveaux de l’appareil de l’État en RDC, de Kinshasa jusqu’en province  ».

Le député national Émery Okundji affirme avoir dénoncé plusieurs fois les détournements des deniers publics dans sa circonscription électorale de Lubefu en province du Sankuru. Selon lui, sur 6 millions de francs déboursés chaque mois pour payer les salaires des enseignants de Lubefu, 2 millions seulement arrivaient à destination. Les 4 millions manquants disparaissent dans ce que l’on appelle chez-nous  » l’opération retour  », autrement dit la dîme que l’on paie à toute la hiérarchie par laquelle l’argent vous est venu.

À Mbujimayi, il était curieux de voir que les responsables syndicaux et les cadres de la Division provinciale de la Santé s’opposaient énergiquement à la bancarisation de la paie des salaires et des primes de leurs agents. C’est parce qu’ils savent que la Banque va casser le phénomène  »opération retour » et démasquer les agents fictifs qui remplissent les listings de paie.

Dans la fonction publique même les morts sont payés. Un seul chef fait entrer sur la liste de paie tout le monde de sa famille: oncle, cousin, tante, grand-père, beau-frère même déjà mort, sans compter les amis et connaissances. Par exemple, si l’État paie régulièrement mille personnes, en réalité c’est seulement 200 qui travaillent réellement. Les 800 restants sont des agents fantômes.

Chaque mois, tous ces gens touchent des primes et des salaires parfois plus elevés que ceux des gens qui travaillent. Ils font cela depuis des décennies; la corruption et l’opération-retour aidant, ils réussissent à échapper à tout audit d’où qu’il vienne. C’est Kinshasa qui entretient cet état de choses, en même temps c’est encore Kinshasa qui fait l’audit. Ceci signifiant cela. Conséquence: l’hémorragie financière est totale dans le pays, le trésor public est exsangue. Pas étonnant que la RDC soit incapable de financer elle-même ses propres élections. Elle recourt toujours aux financements extérieurs.

Alors pitié pour le trésor public congolais.

Je crois que c’est mon tour de parler de la Formation Mondoblog 2015. J’y étais moi aussi. Que de beaux souvenirs à Dakar et sur l’île de Gorée ! Que de belles rencontres, peut-être les meilleures de ma vie jusque-là !

Vous savez, j’ai enfin vu ce Ziad que j’entendais chaque samedi à la radio. Il est lourdement barbu; et il n’oublie jamais sa pipe.  Simon Decreuze étai-là, répétant ses  » conseils d’ennemi  » à qui veut l’entendre. Il avait toujours en bandoulière son sac de matériels de son. Il adore tellement ce sac qu’il partage son lit avec.

Dans cette formation, j’ai rencontré surtout les 2 filles: Manon et Mélissa. Quelles belles créatures ! Elles sont jeunes, très jeunes, belles et tentantes.

Tous les Mondoblogueurs étaient toujours curieux de regarder ces 2 filles. D’abord elles se ressemblent en tout, même par la taille: on aurait dit des jumelles. En plus, elles s’habillent pareil et se déplaçaient toujours à 2. Je suppose que c’est elles qui ont inspiré l’idée de faire des  » binômes » dans cette formation.

Certes à Dakar je n’ai eu ni or ni argent, mais j’ai obtenu une forte formation, sanctionnée par un diplôme RFI, et c’est pour moi le plus important. J’ose dire que je sais quelque chose sur les nouvelles techinques journalistiques et les outils numériques innovants.

La formation était parfaite. J’ai fait connaissance avec des gens fantastiques. Des Mondoblogueurs du monde entier. Ça, j’avoue que c’est plus qu’un diplôme. Des gens très gentils et très sympas. Pour moi, c’est à Dakar que j’ai passé les 10 meilleurs jours de ma vie.

Avez-vous déjà vu une telle communauté de blogueurs ailleurs que sur RFI ? Où est-ce que vous avez déjà vu environ 80 personnes qui vous aiment toutes et qui sont prêtes à tout faire de bien pour vous ? 80 personnes et aucune d’elles n’était mon ennemie ! À Espace Thialy comme à Keur Mithiou. Chaque jour on prenait le même bus que nous remplissions comme un oeuf, on partageait le même repas, mais on ne se fatiguait jamais. On ne s’ennuyait pas. Chacun de nous avait toujours la bonne humeur.

Si cela dépendait de moi, j’allais dire ce que l’apôtre Pierre avait dit à Jésus sur la Montagne de Transfiguration. Il a dit:  » Seigneur, ne rentrons plus à Jérusalem. Construisons carrément une tente ici et restons définitivement ici !  »

Comment ne pas aimer voir ce grand Yves Tchakounté, ce talentueux dessinateur Jeffikapi,  et surtout cette belle togolaise Corinne Danklou qui était mon binóme. Qui oubliera Vince Adzimahe notre Laurent Sadoux circonstantiel. Le temps me manquerait pour parler de tous les autres… J’ai beaucoup appris d’eux tous.

Cette ambiance fraternelle et pacifique de la Formation Mondoblog Dakar 2015, je la souhaite tellement pour mon pays la RDC en cette nouvelle année 2016. On peut vivre ensemble dans la diversité de nos opinions. Pourquoi chez-moi, des congolais comme moi sont en prison à cause de leurs opinions ? J’en parlerai, mais pour l’instant c’est une autre histoire.

L’autre meilleur souvenir du Sénégal pour moi c’est l’île de Gorée. Je sais que les autres Mondoblogueurs vous ont déjà tout dit à son sujet. J’étais avec eux sur cette île, à la Maison des esclaves jusqu’à la porte dite de non retour.

Notre Guide nous a montré l’endroit exact où selon lui Nelson Mandela et Barack Obama (chacun à son tour bien sûr) auraient versé des larmes en voyant les différentes chambres où l’on faisait subir de cruels sévices aux noirs avant de les embarquer pour les Amériques ». Beaucoup d’ancêtres de ceux que l’on appelle aujourd’hui les Afro américains sont passés par l’île de Gorée.  L’émotion de l’histoire était très forte. Moi aussi j’ai égrené quelques larmes.

Je méditais là-dessus, jusqu’à ce que la chaloupe est venue nous chercher pour nous ramener à Dakar. Ce fut la fin du film. Je n’oublierai jamais cette Formation Mondoblog 2015.