Il y a une trentaine d’années, le mot « vierge » pouvait encore s’appliquer à plusieurs femmes et jeunes filles au Congo. À l’époque, la moralité avait encore des adeptes. Mais de nos jours, la prostitution juvénile a atteint des proportions telles que trouver une fille vierge à Kinshasa relève d’un miracle. Même chose pour des garçons chastes. Filles et garçons connaissent le sexe parfois à 12 ou 13 ans.

En matière d’amour, le plaisir veut que quand tu as déjà goûté au sexe une première fois hors mariage, tu aies envie de goûter une deuxième fois, puis une troisième, une quatrième… Finalement tu deviens fan, l’habitude faisant loi. Ainsi commence la prostitution chez les jeunes filles.

Multiples causes de la prostitution des jeunes filles  

Parmi les causes, il y a non seulement l’envie de découvrir le plaisir sexuel, mais aussi et surtout l’extrême pauvreté des jeunes filles. Faute de moyens, elles livrent leurs sexes pour vivre survivre. Ange, une étudiante explique : « Beaucoup de filles viennent de familles très pauvres. J’en connais deux ou trois qui ne pouvaient même pas s’acheter un nouveau sous-vêtement ou même de simples linges hygiéniques. Des garçons les ont aimées et ont commencé à leur offrir des cadeaux : un peu d’argent, un téléphone, une montre, des bijoux… Et quand un garçon te donne de tels cadeaux régulièrement, c’est difficile de lui résister lorsqu’il demande de coucher avec toi. C’est comme ça que beaucoup de jeunes filles sont devenues des prostituées. »

À Kinshasa, une fille peut avoir à elle seule quatre ou cinq mecs, répartis dans les différentes communes de la ville. Un à Barumbu, un autre à Kintambo, à Ngaba ou à Kingasani. Une manière pour elle de maximiser les recettes. Et elle sait bien les gérer au téléphone. Kinshasa est tellement vaste que tous ces garçons ne se rencontreront peut-être jamais pour savoir qu’ils partagent une même pouliche. C’est ainsi qu’on peut retrouver à Kinshasa une fille non mariée mais mère de trois ou quatre enfants. Chaque enfant ayant son propre père !

Pour Mélanie, c’est la faute aux hommes qui veulent goûter à  tous les plats. « Quand une jeune fille est belle et charmante, tous les garçons courent derrière. Et à force d’être sollicitée, la fille finit par céder. Ne dit-on pas qu’une femme trop belle est comme un manguier planté au bord de la route et portant des mangues mûres. Tous les passants veulent cueillir », ironise Mélanie.

Parfois, ce sont les parents eux-mêmes qui poussent leurs filles à la prostitution. Quand ils sont incapables de nourrir leurs enfants, ils disent aux filles : « Débrouillez-vous ! » En d’autres termes, « vous avez le sexe comme marchandise. Monnayez-le ! ».

Vasthi une fille de la rue à Mbujimayi raconte son histoire : « Après la mort de mon père, ma mère ne savait plus nous prendre en charge. Nous étions quatre enfants et j’étais la seule fille. Un jour, maman me dit : « Tu es quel genre de fille, toi ? À quoi sert ta beauté si les hommes ne te suivent pas ? Tu vas te débrouiller,  non ? » C’est ainsi que j’ai eu mes premiers rapports sexuels à 14 ans. »

Dans la plupart des cas, c’est la pauvreté qui poussent les filles à la prostitution. L’État peut-il réduire la pauvreté dans nos familles…

Dans la région du Kasaï, la guerre entre l’armée et la milice Kamwina Nsapu a créé une véritable tragédie humanitaire. Mais une tragédie oubliée par la communauté internationale. Outre de nombreuses fosses communes et des dizaines de milliers de déplacés, beaucoup sont sans abris et gravement malnutris. L’Unicef estime à plus de 400 000 enfants touchés par une malnutrition sévère.  Au Kasaï-Oriental, la paix est revenue, mais les effets de la guerre sont toujours visibles. C’est le cas, dans le village de Miketa en territoire de Miabi au sud-ouest de Mbujimayi. Lire la suite de

Dans cet espace Grand Kasaï traumatisé par près d’une année d’atrocités entre l’armée et la milice Kamwina Nsapu, la population a vraiment besoin d’entendre autre chose que les bruits de bottes. Elle a hâte d’écouter un message de paix et de réconfort. Et ce message de paix lui est venu grâce à Habari RDC. Dans une conférence-débat organisée à Mbujimayi le vendredi 18 août dernier sur le thème : « Sortir les jeunes des milices et des groupes armés », les jeunes du Kasaï-Oriental -en majorité âgés de 16 à 27 ans- se sont exprimés sans complaisance, ni tabou. Ils demandent que cessent définitivement les atrocités et que la paix revienne dans leur province. Parmi les intervenants, il y avait le gouverneur de la province Alphonse Ngoyi Kasanji.

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Une démocratie sans Internet, ça existe ! La République démocratique du Congo en est une. En fait, elle ne recourt à l’internet que quand elle en a besoin et le coupe immédiatement quand l’opposition essaie de s’en servir pour répandre son mot d’ordre de journée ville morte. C’est ce qui est arrivé ces mardi et mercredi. Comme vous le savez, en RDC, les réseaux sociaux sont comptés parmi les fauteurs de troubles dans le pays. Ils dérangent l’ordre public et la quiétude du régime. Lire la suite de

La question vaut son pesant d’or aujourd’hui en Afrique. Où sont passés les mouvements citoyens ? Les rues des capitales africaines sont devenues trop calmes ces derniers temps. On n’entend plus parler des marches pacifiques, des journées villes mortes ou des actions de désobéissance civile. Désormais, les mauvais régimes sont en paix et se la coulent douce. Les nuits de nos dirigeants ne sont plus agitées comme auparavant. Que se passe-t-il ? Est-ce pour dire que tout va désormais pour le mieux sur le continent ?Lire la suite de

En RDC, être journaliste c’est déjà un problème avec le régime. Plus grave, être journaliste de RFI, c’est encore plus compliqué car vous n’aurez plus d’accréditation à Kinshasa. Sonia Rolley l’a appris à « ses dépens ». Son accréditation n’a plus été renouvelée. Son seul tort est d’être journaliste de RFI. Déjà le signal de la Radio mondiale est coupé à Kinshasa depuis bientôt huit mois. Le même signal de RFI capté à Brazzaville est brouillé à partir de la RDC.Lire la suite de

Il y a moins de deux ans seulement, nul ne pouvait s’imaginer Moïse Katumbi devenir l’un des pires ennemis de Joseph Kabila. Jusqu’en 2015, il était parmi les plus fidèles collaborateurs du président congolais. Ce temps-là est révolu. Aujourd’hui, l’ancien gouverneur du Katanga est l’opposant qui fait le plus peur au régime de Kinshasa. Le nom même de Moïse Katumbi fait trembler la majorité présidentielle.
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