Les urnes et les putschs incapables de changer les régimes en Afrique

                                                                      Urnes photo AFP

Faire partir un chef d’Etat africain aujourd’hui devient un véritable casse-tête. D’abord, jamais il ne partira de lui même; ensuite il installe un mauvais régime. Voyez ce qui se passe au Burundi. Le cas récent du Nigeria avec l’élection de Muhammadu Buhari n’est qu’une exception à la règle.

Pourtant, avant on pensait que la démocratie et les urnes résoudraient facilement les problèmes d’alternance au pouvoir en Afrique, mais aujourd’hui force est de constater que la seule démocratie et les urnes ne suffisent plus.

Car si vous ne le savez pas, les chefs d’Etat africains sont des Messi-pas du nom du Messie que l’on appelle Jésus mais plutôt le Messi argentin du Barça– ils savent dribbler non seulement le peuple, mais aussi même la démocratie et les urnes.  Finalement c’est comme si en Afrique seules la mort et la rue peuvent occasionner l’alternance. Autrement, celui qui est sur le trône y est pour de bon.

Beaucoup d’entre ces leaders africains sont au pouvoir depuis au moins 15 ans, en termes de mandat c’est au moins 3 mandats. Pourtant même désavoués ils sont toujours là et veulent continuer, jusqu’à se faire légitimer par de mauvaises urnes.

A 91 ans, Robert Mugabe par exemple n’aurait pas dû être à la tête du Zimbabwe, mais il est encore là par les urnes, Fort Eyadema du Togo est là par les urnes, Idriss Déby du Tchad est aussi-là par les urnes, Abdelaziz Bouteflika d’Algérie par les urnes… Plus grave, par les urnes, Robert Mugabe dirige aujourd’hui même l’Afrique.

A vrai dire, les urnes ont échoué à nous donner la démocratie en Afrique: car dans beaucoup de cas, celui qui sort des urnes n’est pas celui qui devait l’être. Or autrefois, là où les urnes échouaient, les coups d’Etat militaires réussissaient. Mais aujourd’hui ce n’est plus le cas. Les chefs d’Etat africains peuvent se maintenir même en cas des putschs déjà consommés! C’est le cas au Burundi et ç’a encore été le cas en Gambie au mois de décembre dernier.

Si ce n’est pas un exploit, alors expliquez-moi comment un coup d’Etat militaire peut échouer à Bujumbura Pierre Nkurunziza absent du pays! En Gambie, le président Yahya Jammeh était aussi à l’étranger quand le putsch mené contre lui a aussi échoué. Bref, avec ces exemples burundais et gambien, les coups d’Etat militaires ne font plus peur aux chefs d’Etat africains. Ainsi, il n’y a peut-être que la rue et le syndrome burkinabè comme solution pour l’alternance au pouvoir en Afrique.

4 commentaires

  1. Je suis d’accord avec toi: jusqu’ici – je dis bien jusqu’ici – ni les urnes, ni les putschs n’ont réussi a changer l’Afrique.

    Mais je crois qu’il y a une question qu’on devrait tous se poser: pourquoi les urnes ne parviennent-elles pas à changer l’Afrique? A mon avis, c’est simplement parce que ceux qui sont censés donner du poids aux urnes en votant pour le changement sont les mêmes qui se laissent corrompre pour voter plusieurs fois et bourrer les urnes.

    Quand à la rue, c’est une très mauvaise option, car le résultat n’est pas assuré. Ensuite, le bilan est souvent très lourd. Des morts qu’on aurait pu éviter, des citoyens blessés, des commerces saccagés etc etc.

    Les urnes peuvent changer l’Afrique, il suffit juste de bien les utiliser – je ne mentionne pas les putschs parce que pour moi c’est la pire des solutions.

  2. tant que les urnes ne seront que des urinoirs il n’y aura rien a attendre des élections. Quitte à savoir dribler comme Messi, nos président doivent savoir que le peuple va s’ériger dorénavant en dernier rempart contre toutes ces forfaitures. Seule une éducation démocratique loin de notre ethnocentrisme ambiant est la solution.bref une société civile forte.

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