Nkurunziza a gagné, le Burundi a perdu

Encore une de ces foutues élections africaines, ces commissions électorales indépendantistes, ces chefs d’Etat que l’on applaudit à leur arrivée et qu’on hue à leur départ. Ces dirigeants qui sitôt assis ne veulent plus partir.

S’il y a aujourd’hui un président bien tristement célèbre en Afrique c’est Pierre Nkurunziza du Burundi. D’habitude quand un homme persiste à faire tout le temps des choses anormales, il n’y a que deux choses : soit il se drogue, soit il est malade mental.

Je ne dis pas que le président Nkurunziza est comme cela, pardonnez- moi. Seulement, ce qu’il fait y ressemble beaucoup. Il aurait pu prouver le contraire s’il avait renoncé à ce 3e mandat. Il pouvait penser quand même à tous ces pauvres burundais en exil-plus  : de 150 000 réfugiés, tous ces morts et ces personnes blessées par balle alors qu’elles luttaient contre ce 3e mandat que ni la Constitution ni les accords d’Arusha ne permettent.

Nombreux sont désormais d’avis qu’il faut trouver non seulement un bon médecin à Pierre Nkurunziza, mais aussi un enseignant de cours de droit pour lui montrer que ce qu’il vient d’organiser n’est pas une élection, mais une farce. Lui dire aussi que l’Afrique a honte des dirigeants comme lui.

Je crois que l’heure est venue de mettre fin à toutes ces fameuses commissions électorales dites indépendantes. On ne voit plus en réalité à quoi elles servent. Ces élections qu’elles organisent sont finalement pires que celles qu’organisaient même les ministères de l’Intérieur.

Aujourd’hui, la commission électorale et le pouvoir en place marchent la main dans la main, au grand dam de l’opposition et de la société civile. C’est un peu comme un arbitre qui dans un match de football joue dans la même équipe que l’adversaire. Sur le terrain électoral, la Céni et le régime se font des passes en or, des caviars et le pays encaisse des buts.

Où est donc l’intérêt du peuple burundais dans cette élection du mardi 21 juillet 2015 ? Le peuple déjà si meurtri par plusieurs années de guerre et de dictature dont il pensait pourtant avoir déjà tourné la page.

Abandonné par la communauté internationale, le peuple burundais s’est battu seul contre ce 3e mandat de Nkurunziza. Hélas sans succès, car c’est l’armée qui a voté. Autrement dit, Nkurunziza est allé des urnes armées contre la Constitution et contre son propre pays. Et il a gagné.

Souvenez-vous, dans un autre billet, je vous disais que les urnes et même les coups d’Etat ne sont plus capables ni de changer les régimes ni de donner la démocratie en Afrique. Le cas du Burundi en est un exemple éloquent.

La communauté internationale doit cesser de distraire les Burundais. Cette communauté internationale a été capable d’empêcher Kadhafi de concrétiser son projet des Etats-Unis d’Afrique, en revanche elle s’est montrée totalement incapable d’empêcher Nkurunziza d’obtenir un 3e mandat.

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