Les graves erreurs de l’ONU et de l’UA dans la crise burundaise

La récente prise de position des Nations-unies et de l’Union africaine sur la crise burundaise étonne plus d’un observateur. Ces deux organisations ont décidé de renouveler leur confiance au médiateur Benjamin Mkapa. Pourtant, l’ancien président tanzanien est désavoué par l’opposition burundaise.

En imposant le médiateur par la force, l’ONU et l’Union africaine enveniment inutilement la situation. Conséquences : le dialogue inter burundais risque de s’enliser et s’éterniser. L’ONU et l’UA deviennent elles-mêmes partie prenante à cette crise burundaise qu’elles sont pourtant censées résoudre. De telles erreurs sont impardonnables.

A quoi bon imposer un médiateur qui a des couleurs ?

Le Tanzanien Benjamin Mkapa s’est discrédité lui-même en affichant clairement des positions pro Nkurunziza. L’année dernière, il avait déclaré: « Le Conseil de sécurité reconnaît Pierre Nkurunziza comme président du Burundi [..], Quelle est cette folie de perdre tant de temps à discuter de ce sujet clos ? » Qu’un médiateur puisse tenir de tels propos était trop à avaler. Du coup, l’opposition avait logiquement raison de prendre ses distances vis-à-vis d’un médiateur partisan d’un seul camp. L’ONU et l’UA auraient dû simplement nommer une personne beaucoup plus neutre pour continuer la médiation.

La crise burundaise est l’une des plus graves d’Afrique sub-saharienne. Les Nations-unies et l’Union africaine ne devraient pas se permettre de la traiter avec légèreté et complaisance.  Cette crise a causé beaucoup de souffrances et de morts au peuple burundais. Trop d’assassinats ciblés, de réfugiés et d’exilés. L’ONU devait en tenir compte. Une crise créée délibérément par la volonté d’un seul homme – Pierre Nkurunziza – qui voulait son troisième mandat.

L’ONU et l ‘UA répètent les mêmes erreurs partout

Les Nations Unies et l’Union africaine font souvent une mauvaise lecture des situations de crise en Afrique. Les réponses qu’elles donnent sont aussi inefficaces qu’inappropriées. En RDC par exemple, alors que le médiateur togolais du dialogue inter congolais était désavoué tambour battant et par l’opposition et par la population, l’ONU et l’UA l’ont soutenu jusqu’au bout.

Ce médiateur – Edem Kodjo – s’est lui aussi illustré par des positions trop pro Kabila. A la fin, il a produit un accord politique qui n’a fait qu’attiser les tensions dans le pays. C’est apparemment ce que l’ONU et l’Union africaine veulent également faire au Burundi. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les mêmes erreurs de l’ONU au Burundi perpétueront la même crise.

Un médiateur doit être neutre pour mettre d’accord deux ou plusieurs parties opposées. Benjamin Mkapa s’est disqualifié.

 

 

 

 

 

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