RDC : 40 fosses communes, et le monde observe

Les morts du Kasaï en RDC sont-ils différents d’autres morts pour qu’on les enterre sans tombes ? Quarante fosses communes et 1 million de déplacés au centre du Congo. Si ce n’est pas une tragédie à huis clos, dites-moi comment vous appelleriez cela.

La guerre que mènent les forces armées de la RDC contre les miliciens de feu le chef traditionnel Kamwina Nsapu fait de l’espace grand Kasaï une région martyre en RDC. C’est une sorte de guerre d’usure qui n’épargne ni femmes ni enfants. Au vu de la tragédie, on n’aurait pas tort de parler de complot contre le grand Kasaï. Comment se taire devant un tel déchaînement de violences ? Miliciens et forces de sécurité sont tous coupables.

De massacres aux fosses communes

Au départ, le gouvernement disait qu’il n’y avait pas de massacre au Kasaï. Il a même qualifié de montage ridicule les vidéos qui circulaient sur les réseaux sociaux et qui montraient les tueries dans la province du Kasaï-Central. Finalement, le même gouvernement a accepté la thèse du massacre. Et le feuilleton continuait : négation des faits d’abord, reconnaissance ensuite.

Plusieurs sources commençaient à évoquer l’existence des fosses communes dans cette guerre du Kasaï. Encore une fois, le gouvernement n’a pas hésité à démentir. Chez nous, quand il y a une information et que le gouvernement la dément, c’est une preuve que l’information est vraie. L’existence de charniers a finalement été confirmée. On a parlé d’abord de sept charniers, puis de dix, puis de vingt-trois… Aujourd’hui, il a été confirmé quarante charniers ! Le monde est au courant et regarde cela comme un film à la télévision.

Quarante charniers ! Représentez-vous combien de morts un seul charnier peut contenir, multipliez alors par quarante ! Et puis, n’oubliez pas que c’est un bilan provisoire. À cela s’ajoutent 1 million de déplacés internes dont environ six cent mille enfants. S’il vous plaît, arrêtez cette tragédie.

Pitié pour nos morts

Comme vous aimez tuer mes frères et sœurs, alors tuez-les au moins poliment s’il vous plaît. Ayez aussi un cœur pour nous remettre leurs corps afin que nous fassions leurs deuils et que nous leur trouvions une sépulture digne. Les morts, on les enterre le jour, mais vous, vous enterrez vos victimes la nuit en secret, ce qui prouve votre culpabilité. Vous tuez sans faire aucune distinction entre les civils et les rebelles. Allez-y, tuez et exterminez ! Tôt ou tard vous répondrez de vos actes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *