Moïse Katumbi, l’homme qui fait peur à Kabila

Il y a moins de deux ans seulement, nul ne pouvait s’imaginer Moïse Katumbi devenir l’un des pires ennemis de Joseph Kabila. Jusqu’en 2015, il était parmi les plus fidèles collaborateurs du président congolais. Ce temps-là est révolu. Aujourd’hui, l’ancien gouverneur du Katanga est l’opposant qui fait le plus peur au régime de Kinshasa. Le nom même de Moïse Katumbi fait trembler la majorité présidentielle.

En RDC, les opposants n’ont pas le même poids politique et financier. Les uns sont légers et faciles à débaucher à coup de billets de banque. Les autres sont lourds, farouches et incorruptibles. Moïse Katumbi est de cette dernière catégorie. Il pèse des tonnes. Il n’est pas l’un de ces opposants « alimentaires » qui tremblent devant l’argent du régime. Nul n’ignore que Katumbi a vécu dans l’opulence avant même d’entrer en politique.

Katumbi, l’homme à abattre

Moïse Katumbi a commis deux péchés cardinaux qui lui ont valu une haine viscérale du régime de Kinshasa : le premier péché est d’avoir claqué la porte du PPRD le parti du chef de l’État en dénonçant les velléités du régime de vouloir donner un troisième mandat à Joseph Kabila. Le deuxième péché de Katumbi est d’avoir rejoint l’opposition et de s’être déclaré candidat à la présidence de la République. Chose que Joseph Kabila n’est pas encore prêt à lui pardonner.

Multiplier les obstacles contre Katumbi

Une autre chose qui fâche c’est la popularité de Moïse Katumbi. Deux sondages crédibles le donnent vainqueur de la présidentielle en RDC. En clair, si l’élection présidentielle est organisée de manière transparente et démocratique, Katumbi succéderait à Kabila. Le régime le sait très bien. C’est ce qui explique tous les obstacles judiciaires que l’on met sur son chemin pour l’empêcher de revenir au pays. Pour commencer, on l’a accusé d’atteinte à la sûreté de l’État et de spoliation d’immeubles. Imaginez un milliardaire comme Katumbi spolier un immeuble !

Aujourd’hui, le ministre congolais de la Justice vient de lui ajouter une nouvelle infraction : la double nationalité. Selon le ministre Thambue Muamba, Moïse Katumbi a la nationalité italienne et sa candidature ne peut donc pas être recevable à l’élection présidentielle en RDC ! Formidable ! Pourtant, pendant près de huit ans, ce même Katumbi était gouverneur du Katanga et membre influent de la Majorité présidentielle. À l’époque, on ne nous a jamais dit qu’il avait la nationalité italienne…

 

 

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