RFI gêne le régime de Kinshasa

En RDC, être journaliste c’est déjà un problème avec le régime. Plus grave, être journaliste de RFI, c’est encore plus compliqué car vous n’aurez plus d’accréditation à Kinshasa. Sonia Rolley l’a appris à « ses dépens ». Son accréditation n’a plus été renouvelée. Son seul tort est d’être journaliste de RFI. Déjà le signal de la Radio mondiale est coupé à Kinshasa depuis bientôt huit mois. Le même signal de RFI capté à Brazzaville est brouillé à partir de la RDC.

Chez nous au Congo, ne peuvent recevoir d’accréditation que les journalistes qui sont « polis » envers le régime et qui savent que toute vérité n’est pas bonne à dire. Ou encore qui savent faire la soustraction : dire deux morts là où il y en a eu 120 ; applaudir là où il faut dénoncer… Hélas, il paraît que Sonia Rolley n’était pas ce genre de journaliste là. C’est cela qui lui a coûté son accréditation.

Peut-être que vous ne le savez pas : dans la poche du gouvernement congolais, il n’y a pas que l’argent : il y a aussi le Parlement, les Cours et les tribunaux, mais aussi les médias publics tels que la Radio télévision nationale congolaise  (RTNC). Ce sont-là les prisonniers personnels du régime.

Sonia Rolley très populaire en RDC

Le problème avec RFI est qu’elle n’a que des journalistes et non des chantres du régime comme nous en avons chez nous. Sonia Rolley a couvert avec professionnalisme la crise congolaise, nul ne peut lui reprocher un parti pris ou une prise de position partisane dans ses reportages. Derrière son sourire et ses lunettes rectangulaires se cachent une fermeté et une rigueur qu’exige le journalisme.

Son courage était tel qu’elle est allée chercher l’information en personne même à Tshimbulu, fief de la terrible milice Kamwina Nsapu dans le Kasaï. Beaucoup d’autres journalistes n’ont pas osé mettre leurs pieds là-bas. On leur dicte des choses au téléphone. Mais Sonia Rolley a survécu dans cette région du Kasaï où deux experts de l’ONU ont laissé leurs peaux. Son courage lui vaut le respect et l’admiration des millions d’auditeurs de RFI en RDC. La journaliste est désormais trop connue pour son web-documentaire sur les violences dans les Kasaï. Voilà pourquoi le régime de Kabila lui en veut et refuse de renouveler son accréditation.

Courage RFI, courage Sonia Rolley.

3 commentaires

  1. La non accréditation de Sonia Rolley me fait mal. C’est parmi les journalistes modèle qui ont oeuvré en RDC. Personnellement Sonia m’a formé, elle m’a soutenu dans des repirtages. Elle m’a coaché. Elle m’a appris comment utiliser tweetter pendant les reportage. Je me rappelle lors du dernier anniversaire de Joseph Kabila, le SG du PPRD Mova, refusait de parler aux journalistes nationaux mais a appelé Sonia lui accordé la parole, Sonia m’a appelé et on a interviewé Mova.

  2. La partie que j’ai aimée « dans la poche du gouvernement congolais, il n’y a pas que l’argent : il y a aussi … Ce sont-là les prisonniers personnels du régime ».
    Courage à vous qui bravez tout cela…

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