Les mouvements citoyens sont-ils fatigués en Afrique ?

La question vaut son pesant d’or aujourd’hui en Afrique. Où sont passés les mouvements citoyens ? Les rues des capitales africaines sont devenues trop calmes ces derniers temps. On n’entend plus parler des marches pacifiques, des journées villes mortes ou des actions de désobéissance civile. Désormais, les mauvais régimes sont en paix et se la coulent douce. Les nuits de nos dirigeants ne sont plus agitées comme auparavant. Que se passe-t-il ? Est-ce pour dire que tout va désormais pour le mieux sur le continent ?

La vérité est que les mouvements citoyens se sont essoufflés. Ils sont usés par la longueur du temps et le durcissement des régimes. Or, ce n’est pas maintenant le moment d’abandonner la lutte. Ce n’est pas le moment de se compromettre avec ces régimes qui ont mis nos pays à genoux.

Les rues calmes profitent aux dictateurs

On n’entend plus parler de nos jeunes héros que sont Y en a marre au Sénégal, et Balai citoyen au Burkina. En RDC, Filimbi et Lucha se font plus discrets. Leur campagne dénommée bye-bye Kabila s’est éteinte. Pourtant ces mouvements citoyens étaient devenus la voix des Africains sans voix. Ils donnaient des insomnies aux régimes. Aujourd’hui, silence radio. Réveillez Sassoufit au Congo-Brazzaville et Tournons la page. Pourquoi dorment-ils en plein jour ? Ont-ils jeté le flambeau qu’ils avaient eux-mêmes allumé ? Leur silence nous inquiète. Voilà que les régimes ont repris du poil de la bête. Les dictateurs nous tuent chaque jour davantage, puis ils se dressent sur nos cadavres et disent : le pays est en paix ! Les rues qui dérangeaient sont paisibles.

Les opposants n’y croient plus

On voit des signes de lassitude même dans les partis d’opposition. Beaucoup d’opposants se sont fatigués sans avoir atteint le but, celui d’obtenir l’alternance démocratique. Regardez Jean Ping au Gabon, Katumbi en RDC, Tsvangirai au Zimbabwe… Leur combat politique ressemble à un baroud d’honneur. Pourtant, nous les avions prévenus que la lutte ne serait pas facile. Ces dictateurs que vous voyez ont survécu aux ouragans de la perestroïka et du printemps arabes. Ils ont modifié la Constitution et se sont maintenus. Pour les déboulonner il faut être forts, et surtout s’armer de patience.

Les pots de vin ont-ils circulé ?

Certains de ces animateurs des mouvements citoyens ne sont peut-être plus innocents. Certains ont touché l’argent des régimes de leurs pays. Ils ont désormais des comptes en banque et ne peuvent plus parler. En RDC par exemple, le mouvement citoyen NOGEC soutient désormais le gouvernement. Pourtant c’est un mouvement qui avait brillé par une campagne retentissante de sifflets, exigeant le départ de Kabila au 19 décembre 2016 date marquant la fin de son dernier mandat constitutionnel. Aujourd’hui, ce mouvement citoyen a même annoncé son intention de se muer en parti politique pour briguer des postes aux prochaines élections, sous le parrainage du Premier ministre Bruno Tshibala.

Jeunesse africaine, levez-vous, le continent est en danger !

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