Afrique centrale, la plus mauvaise destination touristique

L’Afrique centrale apparaît aujourd’hui comme la région la plus instable de l’Afrique subsaharienne. Elle est devenue une sorte d’agglomération de tous les mauvais régimes qui font la honte du continent. L’Afrique centrale accuse un énorme retard sur le plan démocratique par rapport à des régions comme l’Afrique de l’Ouest.

Alors que l’Afrique de l’Ouest marque des points en terme d’avancées démocratiques, l’Afrique centrale tourne en rond. Guerres, malnutrition, réfugiés, changement de Constitution, répression politique, groupes armés, déplacés internes, troisièmes mandats, fosses communes… C’est la région où les relations avec la communauté internationale sont régulièrement tendues. Motif, les chefs d’États ne veulent pas que l’Occident condamne leurs mauvaise gouvernance et violations des droits de l’homme. Ils appellent cela « ingérence dans les affaires internes des États souverains ».

Les villes à risque en Afrique centrale

Si vous venez en Afrique centrale, il est des villes et des provinces où vous ne devez pas vous hasarder à visiter. Au Congo Brazzaville par exemple, n’osez pas vous rendre dans la région du Pool. Sassou Nguesso bombarde cette région chaque jour. Le Pool est devenu un site où l’on peut essayer toutes les armes du régime de Brazzaville, alors que des civils y vivent. En RDC, attention à Beni et surtout aux Kasaï. Ici on égorge les visiteurs en les filmant. Deux experts de l’ONU (un Américain et une Suédoise) y ont été tués en mars dernier. Aujourd’hui, on compte déjà plus de 80 fosses communes dans les Kasaï.

En Centrafrique, évitez de vous promener dans la ville de Bangassou ou à Bria. Là-bas les Seleka, les FPRC et les anti-Balaka font la loi. Au Burundi, attention aux Imbonerakure, la milice créée par le regime de Pierre Nkurunziza… Voilà votre Afrique centrale.

Un tourisme politique, pourquoi pas ?

Si les massacres, les horreurs, la honte, la médiocrité, et les régimes totalitaires  pouvaient être rangés parmi les écotourismes, on pourrait inviter les touristes du monde à venir contempler ces choses en Afrique centrale. C’est ici que se perpétuent la plupart des régimes du type stalinien. Les modifications des Constitutions et les troisièmes mandats interdits sont en quantité en Afrique centrale. Je pense que cela peut  intéresser les touristes. Ils peuvent venir voir ce qu’ils n’ont jamais vu dans d’autres régions du monde. C’est en Afrique centrale que vous trouvez des chefs d’État au pouvoir depuis plus de 30 ans. Et ils vous disent qu’ils sont là par la volonté populaire.

Touristes,  venez nombreux voir un président comme Teodoro Obiang Nguema de Guinée Équatoriale : 38 ans au pouvoir. Il est arrivé au pouvoir alors qu’Emmanuel Macron était encore un bébé d’environ un an ! Aujourd’hui, Teodoro et Macron sont devenus des homologues chefs d’États ! Touristiquement parlant, c’est intéressant : le président Teodoro peut-être une « merveille » à visiter en raison de sa longévité au pouvoir. On peut lui demander comment il a fait pour être toujours  président, survolant à lui seul trois décennies, il se dirige vers une quatrième.

Une autre « merveille » politique, historique et touristique c’est le Camerounais Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Cela fait aujourd’hui 35 ans qu’il est là et ne bouge pas. À cette liste, ajoutez également Sassou Nguesso du Congo Brazzaville.  D’abord chef de l’État de 1979 à 1992, puis de 1997 jusqu’à ce jour. En 2016, il a modifié la Constitution et s’est octroyé un troisième mandat. Que dire du Tchadien Idriss Déby Itno, de Kabila en RDC ou de Pierre Nkurunzinza du Burundi ?

Au Rwanda, présenté comme un bon gestionnaire,  Paul Kagame a la possibilité de rester au pouvoir jusqu’en 2034 ! En dehors du mémorial du génocide à Kigali, Kagame serait un autre mémorial vivant. De tels chefs d’États sont eux-mêmes des écotourismes, donc des monuments touristiques vivants que l’on peut venir contempler. Comment ils font pour rester si longtemps au pouvoir ?

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