Journée ville morte en RDC après des coupures internet

Une démocratie sans Internet, ça existe ! La République démocratique du Congo en est une. En fait, elle ne recourt à l’internet que quand elle en a besoin et le coupe immédiatement quand l’opposition essaie de s’en servir pour répandre son mot d’ordre de journée ville morte. C’est ce qui est arrivé ces mardi et mercredi. Comme vous le savez, en RDC, les réseaux sociaux sont comptés parmi les fauteurs de troubles dans le pays. Ils dérangent l’ordre public et la quiétude du régime.

Ce jour-là, j’ai un peu consulté la liste des ennemis du régime de Joseph Kabila : on y trouve la communauté internationale, l’opposition, mais aussi les réseaux sociaux. Facebook, Whatsapp, Twitter, Instagram, Youtube… Raison pour laquelle, lorsque l’opposition a appelé à deux journées ville morte mardi et mercredi 7 et 8 août en RDC, le régime a immédiatement riposté par des journées réseaux sociaux morts. Comme ça, il y a match nul. 

Voici un extrait de la correspondance adressée aux fournisseurs de réseaux internet par le directeur de l’Autorité de régulation des postes et des télécommunications du Congo  (ARPTC) : «… Je vous prie de prendre, dès réception de la présente, des mesures techniques préventives susceptibles de réduire au strict minimum la capacité de transmission des images sur les réseaux sociaux. Facebook, YouTube, Wattsaps, Linkendin, Viber, Skype, Twitter… » Les fournisseurs de services d’internet ont obéi malgré l’appel de Reporter sans frontières leur demandant de résister. Ce calvaire, les Congolais y sont habitués. Les pauvres ! Ils savent que quand on coupe la communication c’est pour permettre que les exactions et les violations des droits de l’homme se passent à huis-clos.

Personnellement je me demande si le régime a bien raisonné en coupant les réseaux sociaux, car tout le monde a su que c’était pour contrer l’opposition. Et dans ce cas, le résultat profite à l’opposition, car la coupure ou la perturbation des réseaux sociaux n’a fait que contribuer à amplifier ces journées ville morte. Heureusement, les Congolais savent déjà contourner ces restrictions de leur liberté en ligne en recourant au VPN.

Où est la démocratie ?  

Vous vous demandez peut-être pourquoi le Congo s’appelle République démocratique tout en faisant une telle censure des libertés publiques et des réseaux sociaux. Vous avez raison. S’appeler République démocratique ne veut pas dire qu’il y a la démocratie. « Démocratique » peut être juste un nom de baptême, disons un prénom ou un nom chrétien car le Congo est en majorité catholique. C’est un peu comme Mobutu : son prénom était  »Joseph Désiré », alors qu’il était lui-même indésirable dans le pays. Et quand il a compris cela, il a eu la sagesse de refuser tout prénom français, sous prétexte du retour à l’authenticité africaine. Donc le nom n’est rien ! C’est le caractère qui compte. Par ces perturbations répétées d’Internet, la RDC démontre qu’elle est indigne des innovations numériques.

Ce mercredi, un jeune Congolais, agacé par ces restrictions des réseaux sociaux, s’est exclamé: « De grâce privez-nous d’élections, mais laissez-nous au moins l’Internet. »

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