Centrafrique, essayons un Gabonais à la tête de la Minusca

Article : Centrafrique, essayons un Gabonais à la tête de la Minusca
17 août 2015

Centrafrique, essayons un Gabonais à la tête de la Minusca

Parfait Onanga ph coaci.com

Ban Ki-moon pense qu’avec un Gabonais en lieu et place d’un Sénégalais, la moralité et la bonne conduite peuvent revenir à la Minusca. Ainsi, le Gabonais Parfait Onanga vient tenter de redorer le blason terni de la Mission des Nations unies en RCA.

Aujourd’hui l’ONU peut-elle encore avoir des leçons à donner à qui que ce soit dans le monde ? Car une bonne leçon ne peut être bien suivie par les élèves que lorsque celui qui la donne en montre lui-même l’exemple. Or l’institution ressemble désormais à ces prêtres qui nous disaient à la messe :  » Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que moi-même je fais ».

Les missions onusiennes qui donnent tant de leçons de démocratie à nos pays, ont aussi elles-mêmes besoin de recevoir des leçons. Dans le monde, ces missions n’ont plus pour réputation que viols, prostitution, commerce illégal, pédophilie, etc.

Dernier exemple en date, la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca). Là-bas, semble-t-il, les casques bleus ne font pas que le maintien de la paix: ils font aussi le maintien de leur libido. Une enquête d’Amnesty International les accuse d’avoir violé une fillette, mais aussi d’avoir tué aveuglément 2 civils d’une même famille.

Ce genre d’abus ne sont pas les premiers attribués aux employés de l’ONU en Centrafrique. Le fait même que Ban Ki-moon ait demandé la démission de son représentant spécial dans ce pays (le Sénégalais Babacar Gaye) en dit long sur l’ampleur des scandales. L’ONU est honnie.

La malheureuse leçon que nous retenons de cela, c’est que les groupes armés qui sévissent en Afrique ne sont pas les seuls à commettre des exactions : l’ONU les commet tout aussi systématiquement sur les populations civiles. Détournement, tueries, abus sexuels… par des casques bleus, ça donne la chair de poule.

Babacar Gaye a démissionné; le Gabonnais Parfait Onanga l’a remplacé, mais ça ne suffit pas; ça ne fait même pas justice aux Centrafricains. Il faut envoyer les présumés coupables à la Cour pénale internationale. J’ai bien dit la CPI ! Car si les hommes du Congolais Jean Pierre Bemba ont commis les mêmes abus en Centrafrique et Jean-Pierre Bemba croupit aujourd’hui à La Haye, ce serait deux poids deux mesures que de laisser vos soi-disant soldats de la paix se tirer d’affaire.

Quant à la Minusca, son nouveau patron Parfait Onanga devra démontrer qu’il est vraiment parfait comme son nom.

Par ailleurs, en acceptant la responsabilité institutionnelle de la Minusca dans ce scandale en RCA, l’ONU salit elle-même la personne du Sénégalais Babacar Gaye. Conséquences : Babacar Gaye, tout innocent qu’il est, aura désormais beaucoup de mal à se faire accepter comme une personne crédible dans une autre mission de l’ONU dans un autre pays. On dira toujours que sous son règne à la Minusca, les casques bleus se sont très mal comportés.

Un adage ne dit-il pas qu’il n’y a pas de mauvaise troupe, mais c’est un mauvais chef.

 

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