Redécoupage territorial en RDC : de nouveaux germes d’instabilité

Article : Redécoupage territorial en RDC : de nouveaux germes d’instabilité
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11 mai 2015

Redécoupage territorial en RDC : de nouveaux germes d’instabilité

On craignait que le redécoupage territorial de la RDC en nouvelles provinces ne réveille les vieux démons de tribalisme. C’est apparemment ce qui est en train d’arriver, avant même que le redécoupage n’entre en vigueur.

Dans la province du Kasaï oriental par exemple, le territoire de Ngandajika peuplé des populations de langue Luba refuse d’appartenir à la future province de Lomami. Motif : cette future province de Lomami sera constituée en majorité des populations d’autres tribus et d’autres langues que les leurs.

Déjà les ressortissants de Ngandajika font signer une pétition à déposer à l’Assemblée nationale, pétition portant leur refus de faire partie de la province de Lomami. On parle d’un million de signatures déjà recueillies.

Toujours dans la province du Kasaï oriental, deux villes : Lusambo et Lodja se disputent le statut de chef-lieu de la future province du Sankuru. Jusque-là, c’est Lusambo qui en était le chef-lieu. Mais récemment les élus locaux de Lodja veulent que désormais ce soit Lodja. Les rivalités ethniques dans cette partie de la RDC sont telles qu’il y a lieu de craindre le pire, surtout à l’approche des élections.

Le Sankuru est une entité territoriale où les populations tetela sont en conflit latent et où les guerres à la machette et les incendies criminels d’habitations sont récurrents. Généralement, ces conflits tribaux sont ravivés par des politiciens vivant à Kinshasa et qui tirent les ficelles.

La situation est pareille dans plusieurs autres provinces à redécouper. Un député a même appelé sa tribu à ne pas payer de taxes et impôts avant que les nouvelles provinces n’entrent en vigueur.

Au gouvernement d’ouvrir l’oeil et le bon pour ne pas replonger le pays dans de violences ethniques et les conflits de terre.

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