Assassinat Ghislaine Dupont et Claude Verlon: pourquoi l’enquête n’avance pas ?

Article : Assassinat Ghislaine Dupont et Claude Verlon: pourquoi l’enquête n’avance pas ?
2 novembre 2015

Assassinat Ghislaine Dupont et Claude Verlon: pourquoi l’enquête n’avance pas ?

 Photo Rfi

Nous ne lâcherons pas l’affaire, jusqu’à ce que justice soit faite. Deux ans déjà que les 2 journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon, ces vaillants soldats de l’information, ont été assassinés en pleine journée à Kidal au Mali. Depuis, tout le monde sait que l’enquête ne progresse pas. Que cache la France dans ce dossier ?

Ghislaine et Claude étaient amis de l’Afrique, mais c’est l’Afrique qui les a tués. Mettez-vous à la place de RFI et de leur famille, vous verrez que ça fait très mal.

Pour nous journalistes africains disciples de Ghislaine, c’est inadmissible, c’est nous remuer le couteau dans la plaie. Nous avons l’impression qu’il y a comme une volonté d’oublier carrément cette affaire.

Imaginez-vous deux ans d’impatience, de cauchemar  et d’insomnie pour la mère de Ghislaine et la fille de Claude! Qui peut supporter une telle torture ?

La France protège apparemment quelque chose que nous finirons par connaître. Paris ne semble pas s’activer et se préoccuper outre mesure. Pourtant, le temps passe, les assassins ne courent même plus. Ils sont tranquilles et vaquent à leurs occupations.

Les États-Unis, eux, quand ils ont cherché Ben Laden, ils l’ont eu. Et je suis convaincu que le jour où la France aura la volonté de chercher les assassins de 2 journalistes, elle les aura.

Ce silence dans l’enquête, pour nous journalistes africains, équivaut à tuer Ghislaine et Claude une seconde fois; c’est comme si on se moque de leurs mémoires et de nous-mêmes journalistes qui sommes encore vivants.

Personnellement, je me demande pourquoi toute enquête peut aboutir, sauf celle sur l’assassinat des journalistes. Chez-moi en République démocratique du Congo, depuis l’assassinat des journalistes Serges Maeshe, Didas Namujimbo, Robert Shamwami… l’enquête et les procès n’ont rien donné. Pareil en Somalie, en Érythrée, en Syrie…

Dans le cas de Ghislaine Dupont et Claude Verlon,  vous savez qu’on ne peut attendre grand-chose du gouvernement malien, surtout quand on sait que ses propres ministres ne peuvent même pas mettre leurs pieds à Kidal.

Et pourquoi Kidal a choisi d’être le cimetière des journalistes ? Cette ville se rend-elle compte qu’elle s’est elle-même chargée des malédictions? Qui sait si c’est la raison pour laquelle Kidal ne se développe pas.

Si les gouvernements français et malien sont fatigués ou incapables de nous donner  les assassins de nos 2 confrères de RFI, qu’ils le disent et nous remettent la direction de l’enquête à nous-mêmes journalistes. Nos organisations : Reporters Sans Frontières, Journalistes En Danger (JED) et bien d’autres sont en mesure de produire toute la vérité sur la mort de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

L’occasion pour moi de lancer ici sur Mondoblog,  un vibrant appel à la mobilisation de tous les journalistes, de tous les médias pour faire pression sur la France, le Mali et ses groupes armés, afin qu’ils se dépassent et nous livrent les assassins de 2 journalistes.

François Hollande annonçait curieusement en juillet dernier que les documents sur cette affaire allaient être déclassifiés. Ce qui revient à confirmer que l’assassinat de nos deux confrères était peut-être un crime d’État français, couvrant probablement de grands secrets-défense. La preuve,  depuis l’annonce de la déclassification, où en est-on ?

Jamais nous n’allons nous contenter du simple fait que les Nations-Unies ont décrété le 2 novembre journée mondiale de lutte contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes. Ça ne nous restitue pas notre Ghislaine. Nous voulons que lumière et justice soient faites ici et maintenant.

Á notre avis, l’une des pistes c’est ce responsable du MNLA devant le domicile de qui Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été enlevés juste après leur dernière interview. Qui sait si c’est peut-être lui qui a informé les kidnappeurs de leur présence. Car comment expliquer que ces hommes armés aient su avec précision que Ghislaine et Claude sont à sa résidence ? Les tueurs ont attendu patiemment la fin de l’interview pour les prendre dans le piège.

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