Jean-Hubert BONDO

Kenya : nouvelle folie des shebabs, 147 morts

Les Shebab, photo Afp Les shebabs, photo AFP

Un prophète dira certainement que ce sont des événements du temps de la fin. Et il peut avoir raison, car de telles barbaries ne peuvent se concevoir au 21e siècle: 147 morts dans une université! Là où on n’utilise que la craie et le syllabus, c’est de la pure folie des shebabs. Et moi j’ai toutes les raisons de croire que des démons humanoïdes et sanguinaires sont sur la terre et vivent avec nous.

Ces shebabs au drapeau noir comme leur coeur.

Encore une fois c’est la réputation de l’islam qui est salie par ceux qui se disent musulmans. Il appartient donc aux vrais musulmans de prouver que ceux qui versent le sang de cette manière n’appartiennent pas à l’islam. Sinon dans la tête de certains, la confusion sera possible entre la religion musulmane et le terrorisme. En plus, force est de constater que les islamistes shebab auteurs de ces massacres à l’université kényane de Garissa visaient presque exclusivement les chrétiens.

A mon avis, je crois que l’heure est arrivée que l’islam sépare parmi ses adeptes les bons grains des mauvais.  J’ai une piste de solution à ce sujet : je propose une conférence internationale de tous les musulmans du monde, toutes tendances confondues; une conférence à laquelle devront participer même les jihadistes: Aqmi, Boko Haram, frères musulmans, Etat islamique, Hamas, Al shebab, etc. Nous voulons un islam de paix tel que nous le connaissions.

Les jihadistes shebab savent pourquoi ils doivent désormais s’en prendre aux universités et aux lycées. C’est parce que leur folie et leur obscurantisme ne peuvent mieux se propager que dans un environnement d’analphabétisme total. Au Nigeria, Boko Haram avait enlevé des lycéennes,  les empêchant de continuer leurs études, et aujourd’hui les combattants shebab somaliens s’attaquent à l’université, c’est-à-dire au temple du savoir rationnel et légitime. Selon eux la vraie université c’est l’école coranique.

Pas moins de 147 morts à l’université : trop, c’est trop. Est-ce parce que Barack Obama a annoncé un voyage au Kenya qu’ils ont frappé son pays d’origine ? Au moins Barack Obama est averti. Mais la communauté internationale doit prendre très au sérieux la menace terroriste en Afrique.


Est-ce que tu es célèbre ?

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Cette question est tout aussi difficile qu’ambarrassante, même pour moi-même, car ce n’est pas facile d’être célèbre. Il faut du talent et des efforts.

Mais attention: je ne parle pas d’être célèbre comme Mandela, Pelé, Martin Luther King, Patrice Lumumba et autres. Eux ils ont été et célèbres et populaires.

Je parle plutôt d’être célèbre comme la Rdc. Agir comme la Rdc, imiter sa politique, ses problèmes et se faire célèbre, surtout sur les médias. Qui a jamais entendu un journal d’infos africaines à la radio ou à la télé sans que la une soit la Rdc ? C’est cela la célébrité dont je parle.

Et donc mon pays est très célèbre sur les médias: célèbre pour ses guerres interminables, ses emprisonnements d’opposants, ses viols de femmes, ses élections toujours contestées, ses groupes armés, sa gestapo, ses arrestations des militants pro démocratie y en a marre et ballet citoyen

Partout au monde on connaît l’actualité de la Rdc par coeur. C’est le pays de la mauvaise actualité: viols, massacres, chômage, délestages, pénurie d’eau…Tant pis si vos pays à vous n’intéressent pas les médias. Tout est tellement calme chez – vous que les journalistes ne trouvent plus rien à dire. Mais c’est pas le cas chez – moi à Kinshasa ou dans le Nord Kivu. D’ailleurs en Afrique, la Rdc ne se dispute une telle célébrité qu’avec la Syrie, les selekas, les anti balaka, Boko Haram

Un adage ne dit-il pas qu’il vaut mieux être premier au village que dernier en ville. Bonne élève, la Rdc a fait sien cet adage-là. Au lieu d’être dernière dans le bien, elle préfèrerait être première dans le mal ! C’est sa façon de se rendre célèbre.

Alors es-tu aussi célèbre ?


As-tu déjà créé ton parti politique pour les élections ?

CARTE DE LA RDCCARTE DE LA RDC

A l’approche des élections en Rdc, les partis politiques poussent comme des champignons. Il n’est pas rare d’entendre des questions du genre : hé ! as-tu déjà créé ton parti politique pour les élections ?

La raison est simple : en Rdc qui dit élections dit offre d’emplois. C’est à dire qu’on doit recruter de nouveaux députés et sénateurs, de nouveaux maires, de nouveaux gouverneurs de provinces, de nouveaux ministres et un nouveau chef de l’état. Raison pour laquelle au moment des élections on se rue, on s’entredéchire, on se dévore même. Pas étonnant que lors des élections de 2011, il y ait eu plus de 19 mille candidats à la députation. C’est parce que c’est une affaire d’embauche.

La vérité est qu’en Rdc, l’activité la plus lucrative et la mieux rémunérée aujourd’hui c’est la politique. Les autres secteurs ne sont que chômage et fausses affaires.
Ainsi pour mieux faire la politique, il faut être dans un parti politique.

Rien de compliqué, car créer un parti politique chez-nous est plus facile que de créer une échoppe. Pas étonnant que la Rdc compte aujourd’hui 477 partis politiques reconnus. Tant pis pour la manière dont ils fonctionnent. Leur appartenance à l’opposition ou au pouvoir dépend de l’argent qui circule nuitamment.

Mais les partis politiques en Rdc ont une particularité : ils sont pour la plupart occasionnels ou saisonniers. Ils n’apparaissent qu’au moment des élections, après les élections vous ne les verrez plus jamais, car ils ne réapparaitront qu’aux prochaines élections.

Et aujourd’hui, d’ici fin 2015 les élections commencent.  Osez maintenant faire juste un petit tour dans les grandes villes du pays, par exemple à Kinshasa, à Mbujimayi ou à Lubumbashi, vous serez étonné par la brusque réapparition des partis politiques. Les uns viennent d’être créés, les autres étaient en veilleuse depuis les elections générales de 2011.

Les bâtiments riverains de principales rues sont désormais hyper sollicités pour abriter les sièges de ces partis politiques qui ressuscitent.

Ces partis rivalisent de noms très flatteurs et patriotiques tels que: parti de ceci pour la vraie démocratie, union de cela pour les droits de l’homme, alliance de ceci pour l’état de droit…

Cette résurgence de l’activisme des partis politiques a également refait surface sur les médias audiovisuels. Les émissions de débats politiques battent actuellement leur plein à la radio comme à la télévision. Les injures et les appels à la haine ne manquent pas contre l’adversaire.

C’est ici l’occasion de tirer la sonnette d’alarme pour dire au monde entier qu’aujourd’hui en Rdc, tous les ingrédients sont encore réunis pour nous faire revivre une campagne électorale armée comme ce fut le cas lors des élections de 2011. A l’époque, le climat de violence était très fort. Et l’image la plus marquante dont je me souviens fut celle d’un homme parcourant les quartiers , un mégaphone à la bouche et une machette dans la main , faisant ainsi la propagande de son candidat.

Mais la plupart de ces partis politiques n’existent que de noms. Sur les 477 partis reconnus, seuls 4 ont une assise nationale et sont au moins représentés dans plus de la moitié du pays. Les autres pour la plupart n’existent que dans les mallettes de leurs fondateurs. Ils n’ont pour vrais membres que la femme et les enfants du fondateur. On les appelle les partis alimentaires.

Ne vous laissez pas tromper quand vous les voyez aussi réunir même 2 mille personnes dans la rue pour une marche pacifique: ce ne sont que des gens loués pour la circonstance. Chez-nous, une marche pacifique, vous louez les participants exactement comme vous pouvez louer la fanfare, le mégaphone, etc.

Alors dis-moi, as-tu déjà créé ton parti politique pour les élections ?


Dieu est-il désolé pour les congolais ?

A considérer toutes les merveilles naturelles dont le bon Dieu a gratifié la République Démocratique du Congo, à savoir les richesses de toutes sortes et un vaste pays, et voir l’état de pauvreté de la Rdc aujourd’hui, Dieu est vraiment désolé. Non seulement qu’il est désolé en tant que créateur, mais aussi il regrette d’avoir donné aux congolais un si beau pays qu’ils ont systématiquement pillé et détruit au fil des ans.

La Rdc, un pays où coulent le lait et le miel, un pays qualifié de scandale géologique, mais que malheureusement nous congolais nous n’avons pas su développer, en raison de notre paresse légendaire.

Mais quand le bon Dieu dans ses charités donne autant de richesses à une nation et que celle-ci ne sait quoi en faire, Dieu s’enerve -n’en déplaise aux athées.

Et ce jour là, l’éternel Dieu tout puissant (Allah pour les intimes) était assis sur son trône. Dans la cour de son palais se trouvaient plusieurs délégations des nations du monde, attendant d’être reçues en audience.

Il y avait les délégations de partout : des États-Unis, de Chine, de France, du Brésil… Il y avait aussi la délégation de la République Démocratique du Congo. Surtout celle-là, elle ne manque jamais de telles occasions pour faire valoir ses plaintes et sa main tendue. Curieusement même la délégation mixte Boko HaramEtat islamique était aussi là. Chacun avait son problème à soumettre à Dieu.

C’est ce jour là que j’ai su que Dieu parlait toutes les langues qu’il y a sous le soleil. Quand il parlait le chinois il le parlait vraiment tel qu’on le parle à Pékin.

Soudain arriva le moment pour lui de recevoir les nations à tour de rôle. L’ange fait entrer premièrement la délégation américaine. C’est elle qui a vu Dieu avant tout le monde.

Dieu demanda aux États-Unis : Qu’avez-vous comme problème ?  – ô Éternel vis à jamais ! répond Barack Obama. Nous sommes venus juste te remercier. Car dès le commencement du temps, tu nous as dit de dominer la terre et de la soumettre. C’est ce que nous avons fait: aujourd’hui nous sommes la première puissance du monde.

Dieu fut fièr des États-Unis, il les bénit encore et les laissa partir.

Ensuite ce fut au tour de la délégation du Brésil. Le président Lula dit à Dieu : Seigneur nous aussi nous avons conjugué d’énormes efforts sur la terre grâce au football et à la forêt amazonienne que tu nous a donnée : aujourd’hui le Brésil est devenu pays émergent.

Dieu dit : c’est bon, continuez comme ça et faites du Brésil un pays développé. La délégation brésilienne s’ en alla.

Pendant que Dieu accordait ces audiences, il y avait à l’extérieur une délégation qui s’agitait et faisait beaucoup de bruit. C’était la délégation de la Rdc. De l’intérieur du palais, Dieu demanda ce qui se passe. L’ange lui dit que c’est la délégation de la Rdc qui s’impatiente. – Comme toujours ! s’exclama Dieu.

Il continua ses audiences. Il reçoit cette fois ci les chinois. Un Hu Jintao s’avance et dit: dès le début de la création tu nous a dit de nous multiplier et de remplir la terre. C’est ce que nous avons fait en Chine : nous sommes aujourd’hui environ 1,4 milliard de chinois sur la terre. Nous avons cultivé le sol et renforcé l’économie, si bien que nous rivalisons avec l’Amérique.

Dieu félicita beaucoup la chine.

Mais la tension montait à l’extérieur. La délégation congolaise était déjà divisée comme et voulait déjà partir. Certains voulaient même prendre les armes contre Dieu ! Il y avait parmi eux les rebelles du M23, les combattants maïmaï ceci, maïmaï cela. Tous les 477 partis politiques et les plus de 8 mille églises évangéliques que compte la Rdc étaient représentés là.

Très surpris de voir autant d’églises et de partis politiques pour un seul pays le Congo, l’ange Gabriel s’exclama disant :  » Ha bon, c’est donc pour cela qu’il s’appelle République Démocratique du Congo !  »  Il pensait même qu’avec un tel nombre d’églises et de partis politiques, la Rdc est peut-être plus démocratique et plus spirituelle que tous les autres pays du monde.

Comme les congolais ne cessaient de vociférer là-dehors, Dieu décide finalement de les recevoir. Ils sont entrés en masse et désordre, entrain de se quereller comme d’habitude, les uns accusant les autres d’illégitimité.

 » Je vous écoute mes enfants, qu’avez-vous à me dire  » leur lançe Dieu.

Au lieu d’être brefs comme les autres délégations, les congolais posent 1 milliards de problèmes à la fois :  » ô Dieu, nous avons faim, l’eau ne coule pas aux robinets, pas d’électricité, le calendrier électoral n’est pas consensuel, on veut modifier la constitution pour un 3è mandat, les fonctionnaires sont impayés, il y a les Fdlr...  »

– Silence ! les interrompt Dieu en colère: messieurs,leur dit-il, vous congolais vous devez avoir honte de vous plaindre. Car je vous ai tout donné en Rdc, toutes les richesses sont chez- vous, tout le tableau de Mendeleïv je l’ai logé dans votre sol, j’ai fait de votre pays le réservoir de matières premières: or, diamant, cuivre, uranium, étain, cobalt, coltan, cassitérite, pétrole… Tout est au Congo. Mais vous mourrez de faim parce que vous êtes paresseux, vous passez tout votre temps à vous quereller, et voyez comment vous avez détruit le pays ! Je regrette même de vous avoir donné un tel pays…

Dieu ordonna qu’on fasse sortir la délégation congolaise.

François Hollande s’avançe à son tour avec la délégation française pour être reçu. Petit incident protocolaire : les anges ont failli le confondre avec la délégation des Pays Bas à cause de son nom de Hollande, mais tout est revenu en ordre. Malheureusement, au moment où la France est entrée devant Dieu, François Hollande reçoit un coup de fil lui disant qu’un attentat terroriste venait de frapper Charlie hebdo et qu’il y a eu 12 morts. Il semble que la France avait tellement exagéré dans sa liberté d’expression que ça a provoqué cet attentat. La délégation française s’excusa et retourna précipitamment à Paris pour gérer la situation.

A la place de la France, Dieu reçut la délégation mixte Boko HaramEtat islamique. Des hommes enturbanés, des femmes et de petites filles de 10 ans entrèrent criant Allah akbar.

-Qui êtes vous ?  leur demande Dieu.

– Nous sommes des jihadistes c’est nous qui combattons les mécréants pour toi sur la terre. Nous en avons tué des milliers.

Dieu était d’abord très étonné d’entendre des humains dire qu’ils combattent pour lui.

En plus, il remarqua que chaque membre de la délégation jihadiste avait la hanche plus grosse que le reste du corps.

-Quel est ce prodige, qu’avez-vous à la hanche ? leur demande Dieu.

– Ô grand Allah, la paix de soit sur toi ! c’est la ceinture d’explosifs, répondirent-ils en choeur. Elle fait notre identité.

Certains anges voulaient déjà fuir, craignant que ces ceintures mortelles n’explosent.

Allah prit la parole et dit aux jihadistes : messieurs, je ne vous connais pas. Je connais les musulmans, mais vous, je ne vous connais. Je ne vous ai jamais envoyés.

Ils se sont fâchés et voulaient faire exploser leurs bombes. Mais Allah les a neutralisés.


Pas de 08 mars pour elles

Elles sont bien malheureuses les femmes de l’est de mon pays. Cette région où les guerres sont érigées en véritables institutions. Là où la terreur, la désolation et les incendies de cases sont le lot quotidien.

Les femmes de cette partie de la Rdc n’ont jamais eu la chance de fêter le 08 mars depuis des décennies. Elles ne connaissent même pas ce que c’est. Les conflits armés permanents ne leur en donnent pas le droit.

Pour ce 08 mars 2015, elles sont encore nombreuses cachées en brousse. Des mères, des bébés, de jeunes filles et même des grands mères, les joues mouillées de larmes, fuyant les combats entre les groupes armés et les Fardc (Forces armées de la République Démocratique du Congo). C’est cruel de célébrer le 08 mars tout le temps sans elles.

                         FEMMES EN GUERRE

Ces femmes oubliées et à qui on ne donne pas l’occasion de se faire belles, de se rendre visite et de passer du bon temps au clair de la lune. Elles doivent tout le temps fuir leurs demeures, courir sous les crépitement des balles, avec juste un seul tissu – pagne, un seul sous-vêtement. Certaines parmi elles ont fini par se faire enrôler dans les groupes armés.

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Ainsi les femmes du monde entier qui célèbrent le 08 mars, ne devraient pas oublier le calvaire de leurs semblables du Nord et du sud Kivu.

Indépendamment de leur volonté, ces femmes congolaises sont condamnées à louper toutes les fêtes de l’année. Toutes les fêtes de leurs vies : Noël, bonne année, Saint Valentin, 08 mars, journée de la mère, fête de l’indépendance, anniversaires… Elles loupent tout, et ce, chaque année.

Les seigneurs de guerre n’ont pas de trêve de Noël ni de 08 mars. D’ailleurs c’est pendant les jours de fêtes qu’ils intensifient les viols,  les meurtres des femmes,etc. C’est leur façon de fêter.

Pour moi, le thème du 08 mars 2015 ne devrait pas être  » l’autonomisation de la femme  », mais plutôt  » la paix d’abord pour les femmes des pays en guerre  ». Car à quoi va servir l’autonomisation des femmes si elles continuent à vivre sous le joug des rebelles des Adf Nalu, des Fdlr ou de Boko Haram.


La francophonie: une chance pour nos langues maternelles

         

Le 21 février dernier, le monde a célèbré la journée internationale de la langue maternelle. C’est une bonne chose.

Mais pour moi, sans le français, nos langues maternelles en Afrique ne sont que des vases clos, des îlots isolés et perdus dans le désert. C’est mon point de vue, vous me le pardonnerez.

Nos langues sont de petites tailles et n’ont pas assez de mots. C’est vrai je suis de l’école de Senghor, et je m’en félicite. C’est vrai aussi que le français a tort d’avoir été la langue du colonisateur. Mais qui peut dire que la colonisation n’avait que du négatif ?

Inutile de rappeler que c’est la colonisation qui -mis à part ses mauvais aspects- a fait que nos pays qui au départ n’étaient même pas des Etats-nations puissent atteindre le niveau de civilisation qu’ils ont aujourd’hui. Même si je conviens que beaucoup reste encore à faire.

Il existe environ 2 mille langues en Afrique, mais cette multitude linguistique n’a pas apporté le développement dans nos pays. Car chaque peuple avait sa langue ou son dialecte, et il n’ y avait pas moyen de communiquer avec d’autres peuples. Mais aujourd’hui grâce à la langue française, nous communiquons merveilleusement bien avec les autres peuples du monde. Ce n’était pas possible avec nos langues maternelles. Les échanges avec l’extérieur sont plus faciles en français que dans nos langues locales.

Moi par exemple je suis congolais.  Je parle le tshiluba et le lingala, mais je suis à l’aise partout en Afrique francophone car je communique en français. Si je vais à Dakar au Sénégal par exemple, je ne suis pas obligé d’apprendre le wolof, le sérère, et les autres langues locales du Sénégal. La langue de Molière fait toute l’affaire.

S’il n’ y avait pas la francophonie, en quelle langue m’ exprimerais-je au Togo où l’on parle l’éwé et le kabiyé ? Ma soeur a aimé un ivoirien, l’un ne connaissant aucun mot de la langue de l’autre, mais ils vivent en français et ils ont déjà deux beaux gosses à Abidjan.

Ainsi, le français est une langue extraordinaire ; j’aime le parler avec l’accent de mon pays. J’aime l’entendre quand on grasseye ou quand on roule les r. Je suis francophone.

Surtout le français nous aide à faire connaître nos cultures locales dans le monde.

Je sais quelque chose de la culture du Mali,  du Tchad ou de la Côte d’ivoire, simplement parce que j’ai entendu les hommes et les femmes de ces pays-là en parler en français. S’ils le disaient dans leurs langues maternelles, comment aurais-je pu le savoir ?

Chez-moi en République Démocratique du Congo, nous avons environ 250 langues maternelles. Chaque province a ses propres langues, mais c’est le français qui nous unit. Autrement, il m’aurait fallu apprendre toutes les 250 langues pour communiquer avec mes propres compatriotes !

D’abord, le fait que chez-nous le lingala et le swahili soient les langues les plus parlées dans l’armée et  la police pose toujours problème et crée des frustrations. C’est parce qu’une langue représente une éthnie, et on craint qu’en parlant seulement le lingala ou le swahili ça consacre la suprématie d’une où de deux éthnies sur tant d’autres dans le pays. Et c’est vrai: car celui qui parle le lingala a toujours nourri un complexe de supériorité par rapport aux locuteurs d’autres langues maternelles.

Mais le français est neutre et c’est notre tronc commun. C’est une langue transversale. L’enseignement est en français, les droits de l’homme sont en français, l’administration est en français, la politique est en français…

Je soutiens la francophonie car le français m’a facilité beaucoup de choses dans la vie. Toutes les hautes technologies, si elles ne sont pas en anglais elles sont au moins en français. Et jusqu’à présent, il n’ y a pas encore de nouvelles technologies en tshiluba ma langue.

Ne me comprenez pas mal s’il vous plaît : je ne dis pas qu’il faille abandonner nos langues maternelles. Je suis de ceux qui croient fermement qu’elles doivent être valorisées. Mais à mon avis, pour mieux valoriser nos langues locales, il faut l’intervention d’une langue d’envergure internationale comme le français. Si vous refusez cela,  sachez que votre langue maternelle ne sera utilisée que par vous-même.

En tout cas, moi je ne veux pas être comme les chinois et les japonais qui apprennent tout dans leurs langues maternelles,  mais quand ils viennent en Afrique doivent trouver un interprète.

Pourquoi communiquer par interprète interposé alors que c’est plus facile d’être francophone ?


Les funérailles du vélo de grand père

                VELO VELO

Vous ai-je déjà conté l’histoire du vélo du grand-père ? Eh bien, la voici. D’abord, l’habitation du grand père est riveraine de la route qui mène vers l’unique marché du village de Kakoulou. Un marché où les clients ne viennent que le mercredi.

Ils viennent presque tous à vélo, pour acheter ou pour vendre. Et il faut voir leurs vélos garés autour ou à l’intérieur du marché ! Ça ressemble à un musée de vélos, un musée rustique vivant, ou mieux: un salon aéronautique de transport à deux roues. On y trouve des vélos de toutes sortes et de tout âge.

Dans la concession du grand-père, il y avait deux cases: une où il dormait, et une autre où il y avait la volaille, notamment neuf poules et quelques canards. C’est également là-dedans que grand père mettait son vélo. Il aime beaucoup son vélo, il l’aime comme on aime un fils unique.

Grâce à ce vélo, grand-père allait au marché. Si ce n’est pas un jour de marché, il parcourait les villages environnants en prêchant l’évangile, avec sa Bible, en tant prédicateur itinérant.

Mais ce soir-là, un jeune homme étranger est arrivé dans le village. Il disait être de la même église que grand-père. Le jeune homme lui a demandé l’hospitalité pour passer la nuit et continuer son chemin le lendemain matin.

Il semblait être très religieux. Quand il ouvrait la bouche, il ne parlait que de Dieu, du ciel et de l’amour du prochain. Grand-père n’a pas hésité à l’accueillir et à le loger cette nuit-là. Ils ont même prié ensemble avant d’aller au lit. Séparément, bien sûr.

Grand-père est allé dormir dans la grande case, et le visiteur dans l’autre, où il y avait la volaille et le vélo.

Normalement, grand-père aurait dû se méfier, car le jeune homme était un escroc. La même nuit, le jeune homme s’est enfui vers 5 heures du matin avec le vélo du grand-père et trois poules. Destination inconnue.

Grand-père trouva simplement la porte ouverte et le vélo absent. Il vit les traces des pneus entre la sortie et la route du marché.

Malgré toutes les recherches et l’aide des gens du quartier, on n’a jamais retrouvé ni jeune homme ni le vélo. Et je vous dis, ce jour-là, le deuil du vélo a été très grand à la maison. C’était de véritables funérailles.

Grand-père pleurait amèrement le vélo, en se tapant la poitrine  et en disant: « on m’a tué, on m’a assassiné, on m’a poignardé ! On a volé mon cheval… » Parfois il disait même que son vélo qui avait été assassiné. Et les gens du village venaient comme on vient à un deuil. Ils compatissaient et maudissaient le voleur.

Trois poules avaient aussi été volées, mais on ne pleurait pas les poules, on pleurait le vélo.

Alors, francophones, tous à vélo. Chez-nous les vélos sont deuillables.


Ces coutumes dont la femme est prisonnière au village

                                        LA FEMME AFRICAINE

Je n’ai pas encore fini de vous parler de la femme africaine dans ce blog. Permettez-moi de vous parler encore d’elle aujourd’hui car c’est pour son bien.

Ça fait mal de voir en ce 21è siècle, des femmes qui croupissent encore sous le poids des coutumes qui leur sont imposées.

En fait, il y a 2 sortes de femmes en République Démicratique du Congo: il y a les femmes citadines, belles, maquillées, émancipées et très bavardes; et puis il y a aussi les femmes du village, pauvres, archaïques,  analphabètes, muselées et condamnées à la prison à vie par les traditions ancestrales.

La différence entre ces 2 catégories de femmes congolaises c’est comme le jour et la nuit. Quand vous voyez la condition de la femme dans certains villages de chez-nous, ça ressemble à l’antiquité.

Récemment en territoire de Ngandajika, j’ai visité un village où dans le passé, une femme avait été enterrée vivante comme victime expiatoire lors d’une cérémonie coutumière. Cette femme s’appelait Tshiyamba. Aujourd’hui ce village porte son nom.

De nos jours, il est encore des peuples qui continuent à perpétuer des traditions aussi anciennes que rétrogrades. Et dans la plupart des cas, c’est la femme qui est la principale victime de ces traditions.

A mon avis la raison c’est que beaucoup de nos villages sont loin de la modernité; ils ne connaissent ni la radio, ni la télé, encore moins le téléphone. La seule école primaire est située à 45 km. Facebook et twiter c’est du jamais vu . Dans ces villages, quand le mari décède, sa veuve doit impérativement se raser la tête en signe d’affliction.

 Certes je me réjouis du fait qu’il n’existe pas chez-nous de pratiques cruelles telles que l’excision et autres, mais il n’en demeure pas moins que certaines coutumes et croyances encore en vigueur dans nos villages n’honorent pas la femme congolaise.

Tenez, dans un village du district de Tshilenge, j’ai vu de jeunes filles célibataires se retirer en brousse à 3 ou à 4 l’après -midi pendant environ une heure d’horloge.

J’ai posé la question de savoir à un vieux du village qu’est-ce que ces filles vont faire entre elles dans les hautes herbes : il me dit que selon la coutume, les jeunes filles célibataires doivent apprendre à s’exciter pour ne pas devenir frigides quand elles iront au mariage. Ainsi vont-elles régulièrement en brousse pour une séance d’entraînement sexuel qui consiste à tirer et allonger à la main les clitoris les unes des autres, pour les rendre aussi longs qu’un bangala d’un homme en érection. Selon leur coutume, c’est l’unique façon de lutter contre la frigidité.

Dans un autre village, lorsqu’un homme meurt, sa veuve est obligée d’avoir des relations sexuelles avec l’un de petits frères de son défunt mari. Plus grave, la coutume exige que ces relations sexuelles se passent la nuit après 0 heure dans un des carrefours du village. Ça permet, disait le vieil homme, de débarrasser la veuve des esprits de mort de son défunt mari. On raconte que si la veuve ne le fait pas, elle aura à faire à la vengeance des ancêtres. Foutaise !

Voila comment on maintient ainsi la femme dans la peur.

Dans un autre village encore, j’ai vu les hommes se comporter en véritables souverains. L’un d’eux avait à lui seul 8 femmes. Il ne travaillait pas. Je passais et je le trouvais toujours assis sous un manguier à fumer sa pipe et à boire le vin de palme. Ce sont ses femmes qui font tout pour lui: elles le nourrissent, lui achètent les habits, les vélos… Chaque jour, 2 de ses femmes vont au champ, 3 autres pilent le maïs, les 3 qui restent vont au marché, ainsi de suite.

Et le soir chacune d’entre elles  vient lui rendre compte et lui offrir ce qu’elle a eu, exactement comme on offre à un chef coutumier. A son tour l’homme engueule celle qu’il peut engueuler, gifle celle qu’il peut gifler et félicite celle qu’il peut féliciter. Le roi!

Il y a aussi des villages où les hommes tiennent beaucoup à la virginité de femmes. Un jour, une fille de 16 ans entrant en mariage, avait osé mentir à son mari qu’elle était encore vierge. Mais la première nuit de noces quand son mari a découvert le contraire, il l’a répudiée sur le champ, avant de l’a retourner manu militari dans sa famille la même nuit ! Sa dot lui a été remboursée.

Alors dites- moi ce que vous pensez de tout ça.


Les femmes kamikazes de Boko Haram

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Autrefois, le courage de mourir appartenait aux hommes et la peur aux femmes. Mais aujourd’hui chez Boko Haram, c’est l’inverse : la femme ne craint plus la mort. Elle se la donne volontiers.

Les femmes jihadistes paraissent désormais plus courageuses que les hommes; ce sont elles qui se font de plus en plus utiliser comme kamikazes et qui se font exploser.

Pas mal de pertes en vies humaines de ces derniers mois dans des attentats à la bombe au Nigeria sont en partie l’oeuvre des femmes kamikazes de Boko Haram.

Imaginez une femme tentante et belle de figure, mais kamikaze. Au lieu de porter un bébé,  elle porte la ceinture d’explosifs. C’est ni plus ni moins que l’inversion des valeurs africaines.

La femme africaine n’était pas comme ça. La femme africaine c’est l’amour, la douceur, la protection de la vie… Mais ce n’est pas ce qu’on la voit faire aujourd’hui.

Boko Haram utilise la femme comme arme de guerre, comme arme à destruction massive et la femme accepte !

On utilise même les petites filles de 10 ans; celles qui devaient aller à l’école. Bon, de toutes les façons elles vont déjà à l’école coranique. C’est là qu’on leur livre le permis de tuer.

A l’allure où va le jihadisme au Nigeria, les forces de défense et de sécurité de la région seront bientôt obligées de combattre contre une armée asymétrique des femmes et de petites filles portant la ceinture d’explosifs !

Mais est-ce à dire qu’il n’y a plus d’hommes dans Boko Haram ? Les hommes il y en a dans Boko Haram, mais apparemment des fuyards ! Eux préfèrent plutôt combattre à la kalachnikov ou sur des blindés. En d’autres termes, ils choisissent des armes moins fatales que la dynamite.

A vrai dire, ils ont peur de la manière dont la ceinture d’explosifs désintègre ceux qui la portent. On peut donc comprendre pourquoi les missions d’attentat-suicide, ils les confient de plus en plus aux femmes.

Mais pourquoi les femmes ? C’est parce que les femmes ont toujours leur nature de soumission. Elles obéissent là où les hommes regimbent.

Ainsi moi je dis que dans Boko Haram, depuis un certain temps les hommes sont des lâches, à commencer par leur chef Abubakar Shekau.

Surtout lui ! Je le sens incapable de porter la ceinture mortelle. Tout ce qu’il sait c’est tourner une vidéo de menaces et la mettre sur des réseaux sociaux.

Mais je dois dire à ces femmes kamikazes que malgré leur courage hors du commun, leur place n’est pas dans Boko Haram. Je pense qu’au lieu de servir la cause d’une telle secte, ces femmes de la mort auraient dû plutôt mettre leur courage extraordinaire au service de leur pays le Nigeria, en se faisant enrôler par exemple dans l’armée nationale.


S’il vous plaît, envoyez-nous des préservatifs

De temps en temps comme journaliste, j’effectue de petites tournées dans différents villages de ma province -le Kasaï-Oriental. Ma dernière tournée en date c’était la semaine dernière où j’ai réalisé quelques reportages de proximité.

Mon reportage sur la prostitution dans nos villages m’a paru assez intéressant pour que je vous le relate.

Au départ, je pensais que nos villages étaient jusque-là épargnés par le VIH et la prostitution professionnelle telle qu’elle se passe en ville. Mais ce que j’ai vu m’a totalement bouleversé.

Dans plusieurs villages, la prostitution se fait intensément et sans préservatif, cela pour la simple raison qu’il n’ y a pas de préservatifs sur place. Il n’ y a pas non plus d’hôtels ni de bordels: les passes se  passent dans les cases ou en brousse sous les hautes herbes. Là, les petites filles souvent analphabètes offrent leurs corps même à moins d’un dollars la passe. Plus grave, il y a même de petits réseaux de proxénétisme au profit de certains commerçants qui  abusent de la pauvreté des femmes.

Au village bakwa Mulumba par exemple, les clients des femmes professionnelles de sexe utilisent le sachet plastique comme preservatif. Ils le portent et attachent le haut du pénis avec un fil élastique.

Mais le sachet blesse la femme dans les ébats. Pour le lubrifier, ils appliquent l’huile de palme!

Dans d’autres villages, les femmes ignorent carrément les risques des rapports sexuels non protégés. Avec préservatifs ou pas, elles y vont – pourvu qu’on leur paie. Beaucoup d’entre elles croient encore que le VIH est un mauvais sort qui ne peut attraper que celui ou celle qui est maudit(e).

Pas étonnant que les dernieres statistiques de séro prévalence au Kasaï-Oriental indiquent que le VIH non seulement se ruralise, mais aussi se conjugue de plus en plus au féminin.

De grâce envoyez-leur des préservatifs.